‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 103 sur 115 · OKNRE PHILOSOPHIQUE, MORAL ET RELIGIEUX · texte numérisé non relu

OKNRE PHILOSOPHIQUE, MORAL ET RELIGIEUX

heureux! » Il n'en est rien pourtant, a considérer fêtât présent des choses : le méohant prospère, et le juste reste opprimé. Voyez aussi quelle Indignation s'allume en i quand cette attente est frustrée : la conscience s'élève et murmure cintre son auteur; elle lui crie en gémissant : t Tu m'as trompé! »

« Je l'ai trompé, téméraire! Qui te l'a dit? Ton âme estelle anéantie? as-tu cessé d'exister? 0 Brutus! ù mon fils! ne souille point ta noble vie en la finissant; ne laisse point ton espoir et ta gloire avec ton corps aux champs de Philippes. Pourquoi dis-tu :c La vertu n'est rien » quand tu vas jouir du prix de la tienne? Tu vas mourir, penses-tu? Non, in vas vivre, et c'est alors que je tiendrai tout ce que je t ai promis. »

On dirait, aux murmures des impatients mortels, que Dieu leur doit la récompense avant le mérite, et qu'il est obligé de payer leur vertu d'avance. Oh ! soyons bons premièrement, et puis nous serons beureux. N'exigeons pas le prix avant la victoire, ni le salaire avant le travail. Ce n'est pas dans la lice, disait Plutarque, que les vainqueurs de nos jeux sacrés sont couronnés, c'est après qu'ils l'ont parcourue.

Si l'âme est immatérielle, elle peut survivre au corps; et si elle lui survit, la Providence est justifiée. Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immatérialité de l'âme que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela seul m'empêcherait d'en douter. Une si choquante dissonance dans l'harmonie universelle me ferait cherchera la résoudre. Je me dirais : « Tout ne finit pas pour moi avec la vie; tout rentre dans l'ordre à la mort. > J.-J. Rousseau.

Immortalité de l'âme.

Créature d'un jour qui t'agites une heure,

De quoi viens-tu te plaindre et qui te fait gémir .'

Ton âme t'inquiète, et tu crois qu'elle pleure?

Ton âme est immortelle, et tes pleurs vont tarir.

Le regret d'un instant te trouble et te dévore ;

Tu dis que le passé te voile l'avenir;

Ne te plains pas d'hier; laisse venir l'aurore :

Ton âme est immortelle et le temps va s'enfuir.

Ton corps est abattu du mal de ta pensée ;

Tu sens ton front peser et tes genoux fléchir : Tombe, agenouille-toi, créature insensée; Ton âme est immortelle, et la mort va venir.

A. de Musset.

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