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Acte de foi et d'espérance

Salut, principe et fin de toi-même et du monde,

Toi qui rends d'un regard l'immensité féconde;

Ame de l'univers, Dieu, père, créateur.

Sous tous ces noms divers, je crois en toi, Seigneur

Et, sans avoir besoin d'attendre ta parole,

Je lis au front des cieux mon glorieux symbole.

L'étendue à mes yeux révèle ta grandeur;

La terre, ta bonté ; les astres, ta splendeur :

Tu t'es produit toi-même en ton brillant ouvrage ;

L'univers tout entier réfléchit ton image,

Et mon âme à son tour réfléchit l'univers,

Ma pensée, embrassant tes attributs divers,

Partout autour de toi te découvre et t'adore,

Se contemple soi-même, et t'y découvre encore.

Ainsi l'astre du jour éclate dans les cieux,

Se réfléchit dans l'onde, et se peint à mes yeux...

Oui, j'espère, Seigneur, en ta magnificence :

Partout, à pleines mains, prodiguant l'existence,

Tu n'auras pas borné le nombre de mes jours

Aces jours d'ici-bas, si troublés et si courts.

Je te vois en tous lieux conserver et produire :

Celui qui peut créer dédaigne de détruire.

Témoin de ta puissance, et sûr de ta bonté,

J'attends le jour sans fin de l'immortalité.

La mort m'entoure en vain de ses ombres funèbres,

Ma raison voit le jour à travers ces ténèbres;

C'est le dernier degré qui m'approche de toi,

C'est le voile qui tombe entre ta face et moi.

Hâte pour moi, Seigneur, ce moment que j'implore ;

Ou, si dans tes secrets tu le retiens encore,

Entends du haut du ciel le cri de mes besoins :

L'atome et l'univers sont l'objet de tes soins ;

Des dons de ta bonté soutiens mon indigence ;

Nourris mon corps de pain, mon âme d'espérance. ,

Réchauffe d'un regard de tes yeux tout-puissants

r.F.NKK PHILOSOPHIQUE, MORAL KT I 303

Hon espril ecMpsé i>.ir l ombre de ses sens; i ii m* ' Le soleil aspire la rosé

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Lamartine.

Profession de fol chrétienne.

T'aime la pauvreté , parce que Jésus-Christ L'a aimée.

raime Les biens, parce qu'ils donnent les moyens l'en assister les misérables. Je gar le fidélité à tout le monde. Je ne rends pas Le mal à ceux qui m'en font; mais |e Leur souhaite

une condition pareille à la mienne, où l'on ne reçoit p mal ni île bien de la part des hommes. J'essaye d'être juste, véritable, sincère et fidèle à tous les hommes, et j'ai une tendresse de cœur pour ceux que Dieu m'a unis plus étroitement; et soit que je sois seul, ou à la vue des hommes, j'ai en toutes mes actions la vue de Dieu qui doit les juger et à qui je les ai toutes consacrées. Voilà quels sont mes sentiments, et. je bénis tous les jours de ma vie mon Rédempteur qui les a mis en moi, et qui d'un homme de rien, plein de faiblesse, de misère, de concupiscence, d'orgueil et d'ambition, a fait un homme exempt de tous ces maux, par La force le sa :u-àce, à laquelle toute la gloire en est due, n'ayant en moi que la misère et l'erreur. Pascal.

La Prière pour tous.

Ma Aile, va prier. — Vois, la nuit est venue.

Une planète d'or là-bas perce la nue;

La brume des coteaux fait trembler le contour,

A peine un char lointain glisse dans l'ombre... I Tout rentre et se repose, et L'arbre de la route Secoue au vent du soir la poussière du jour!

C'est l'heure ou les enfants parlent avec les anges* Tandis que nous courons à nos plaisirs étranges. Tous les petits enfants, les yeux levés au cii l. Mains jointes et pieds nus, à genoux sur iaDierre, Disant à la même heure une même prière, Demandent pour nous grâce au Père miversel !

Et puis ils dormiront. — Alors, épars dans t'ombre, Les rêves d'or, essaim '.umuitueux. sans nombre,

Qui naît aux derniers bruits du jour à son déclin, Voyant de loin leur souffle et leurs bouches vermeilles, Comme volent aux fleurs de joyeuses abeilles, "Viendront s'abattre en foule à leurs rideaux de lin !

0 sommeil du berceau ! prière de l'enfance ! Voix qui toujours caresse et qui jamais n'offense ! Douce religion qui s'égaye et qui rit ! Prélude du concert de la nuit solennelle ! Ainsi que l'oiseau met la tète sous son aile, L'enfant dans la prière endort son jeune esprit.

Ma fille, va prier! —D'abord, surtout, pour celle Qui berça tant de nuits ta couche qui chancelle, Pour celle qui te prit jeune âme dans le ciel, Et qui te mit au monde, et depuis, tendre mère, Faisant pour toi deux parts dans cette vie amère, Toujours a bu l'absinthe et t'a laissé le miel !

Puis ensuite pour moi. — Dis pour toute prière :

— Seigneur, Seigneur mon Dieu, vous êtes notre père;

Grâce, vous êtes bon ! grâce, vous êtes grand ! —

Laisse aller ta parole où ton âme l'envoie :

Ne t'inquiète pas, toute chose a sa voie,

Ne t'inquiète pas du chemin qu'elle prend !

Il n'est rien ici-bas qui ne trouve sa pente;

Le fleuve jusqu'aux mers dans les plaines serpente ;

L'abeille sait la fleur qui recèle le miel.

Toute aile vers son but incessamment retombe,

L'aigle vole au soleil, le vautour à la tombe,

L'hirondelle au printemps et la prière au ciel !

Lorsque pour moi vers Dieu ta voix s'est envolée, Je suis comme l'esclave, assis dans la vallée, Qui dépose sa charge aux bornes du chemin; Je me sens plus léger; car ce fardeau de peine, De fautes et d'erreurs qu'en gémissant je traîne, Ta prière en chantant l'emporte dans sa main !

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