I. Élevaient
2fi PREMIÈRE PARTIE
Bataille d'Andrlnople.
Le 9 août 378, au lever du jour, l'armée se mit en mouvement. On laissa dans la ville le trésor et les bagages sous la garde des grands officiers de la couronne. La journée était très-chaude et le soleil très-ardent, lorsque vers midi, à trois lieues d'Andrinople, dans la direction de la petite ville de Nice, on aperçut les avant-postes des barbares. Les Goths ne s'attendaient pas à être attaqués ce jour-là, et leur cavalerie, sous la direction des chefs Alathée et Saphrax, était éloignée à quelque distance du gros de leur année. Pour lui laisser le temps de rejoindre, Fritigern usa de stratagème et envoya des parlementaires à Valens. Ces députés avaient ordre d'annoncer de sa part que, pourvu qu'on le munit d'un sauf-conduit et qu'on lui livrât quelques otages, il était prêt à venir traiter lui-même de sa soumission.
L'idée de vaincre sans coup férir souriait toujours à Valens, et quelques heures précieuses furent perdues dans ces pourparlers. Ils duraient encore lorsqu'on apprit que les Goths avaient pris l'offensive, et que le sang coulait déjà à l'aile droite : la cavalerie était arrivée.
L'assaut des barbares fut terrible. Plus d'une fois les Romains s'étaient mesurés avec eux en bataille rangée ; mais dans toutes les occasions précédentes ils avaient eu affaire à de petits corps d'aventuriers qui ne présentaient que peu de surface, et qu'on pouvait dérouter par la supériorité des manœuvres. Ici c'était un peuple entier qui se ruait avec le poids irrésistible d'une masse d'eau torrentielle. Les légions, débordées à droite et à gauche, en tête et en queue, ne savaient où faire face ni à qui s'en prendre. La chaleur était étouffante ; tout à coup, comme le soleil baissait pourtant déjà à l'horizon, elle s'accrut d'une façon inattendue jusqu'à devenir insupportable. Au même moment on découvrit à l'horizon une ligne de flammes s'avançant comme la marée : c'était un vaste incendie d'herbes et de broussailles que les Goths, maîtres de toute la campagne, avaient allumé, et qui, s'étendant rapidement, eut bientôt enveloppé l'armée romaine comme d'un cercle de feu. Ce terrible auxiliaire, annoncé déjà par les prédictions populaires, pénétra les esprits de terreur. Le jour tombait ; des nuages de poussière et de fumée remplissaient l'air ; les Romains étaient dévorés d'une soif ardente : l'empereur lui-même, plein d'épouvante, ne donnait aucun ordre, reçu-
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l.iii .•!. avançait -ans but M an basant Sa cavalerie enfin tacha prise la première el tourna bride; ton exemple fut par toutes les i ■'■ dons* Au moment on Valens B'apprètail ë suivre lui-même l'aren déroute, il fut blessé d qd coup de B lobe, qui le mit tt de se mêler aux fuyards. Soutenu par quel • hommes de son escorte, il fut porté dau> ia caban d'un paysan, où il reçut les premiers soins, liais l'incendie se tgeait de moment en moment, et la cabane elle-même lui aussi gagnée par ifs flammes. Gbaoun alors pensa os de la suite de l'empereur s'enfuir, n irte ou par les fenêtres, et le malheureux prince iir le lit oh on l'avait, déposé, sorte de bûcher où l'atit k< supplice qu'il avait infligé lui-même a tant d'innocents. Son corps ne tut jamais retrouvé. A. DEBrOGLIE 4.
Les Francs 3.
Parés de la dépouille des ours, des veaux marins. urochs et des sangliers, les Francs se montraient de loin comme un troupeau de bêtes féroces. Une tunique court.' laissait voir toute la hauteur de leur taille et ne it pas le genou. Les yeux de ces barbares ont la couleur d'une mer i ; leur chevelure blonde, rame-
ur leur poitrine, et teinte d'une liqueur rouge, emblable à du sang et à du feu. La plupart ne laissent croître leur barbe qu'au-dessus de la bouche, afin de donner à leurs lèvres plus de ressemblance avec le mufle des dof et des loups. Les uns chargent leur main droite d'une longue tramée, et leur main gauche d'un bouclier qu'ils tournent comme une roue rapide ; d'autres, au lieu de ce bouclier, tiennent une espèce de javelot nommé angon, où s'enfoncent deux fers recourbés ; mais tous ont à la ceinture la redoutable francisque, espèce de hache à deux tranchauts dont le manche est recouvert d'un dur acier : arme funeste que le Franc jette en poussant un cri de mort, et qui manque rarement de frapper le but qu'un œil intrépide a marqué. Ces barbares, tidèles aux usages des anciens Germains,