C. Delavigne
Eloge d'Athènes -.
Etranger, tu vois donc les champs hospitaliers,
De Colone, riche en coursiers,
Le plus beau séjour de l'Attique ;
Où, dans les vallons verdoyants, Le rossignol anime de ses chants
Le lierre à l'ombre pacifique,
Et les bois abrités des vents,
Dont l'impénétrable feuillage
Voit mûrir les fruits triomphants
Et du soleil et de l'orage!
Où Bacchus, pour cacher ses mystères divins,
Ami des retraites propices,
A travers les riants chemins,
Conduit les nymphes, ses nourrices !
Là brille du narcisse en fleurs,
Sous la rosée éternelle, Le calice aux fraîches couleurs; Là, le safran d'or étincelle, Couronne joyeuse, à jamais Chère à Proserpine, à Cérès !
Là, l'intarissable Céphise, Aux flots pfcrs, aux mille courants, Baigne le sol qu'il fertilise De ses méandres caressants; Là, des Muses harmonieuses Le chœur brillant prend son essor; Vénus conduit aussi sur ces rives heureuses Son char rapide, aux rênes d'or.
Là croît enfin, richesse athénienne, Que ni l'Asie, en ses féconds jardins,