‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 21 sur 115 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Pour ce vous plaise ordonner promptement Nous être fait du fonds suffisamment; Car vous savez, seigneur, qu'en toute affaire, Procès, négoce, hymen, ou bâtiment, L'argent surtout est chose nécessaire.

La Fontaine.

L'Anniversaire .

Hélas! après dix ans je revois la journée Où l'àme de mon père aux cieux est retournée! L'heure sonne; j'écoute... 0 regrets, ôdou'ours! Quand cette heure eut sonné, je n'avais plus de père On retenait mes pas loin du lit fun ér aire: On me disait : « Il dort; » et je versais des pleurs. Mais du temple voisin quand la cloche sacrée Annonça qu'un mortel avait quitté le jour, Chaque son retentit dans mon âme navrée, Et je crus mourir à mon tour.

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Tout ce qui m'entourait me racontait

Quand la mm dana loi e noir,

Mon père àsescôl lit plus asseoir.

Et j'attendis en vain à .-a place dése

Une e baiser du soir.

Je voyais i ombre auguste et chère

m apparaître toutes les nuits;

Inconsolable en mes enn i Je pleurais tous les jours, mêm< le manière.

Ce Ion . dix ans ne l'oni polnl adouci;

je ne puis voir un les bi as de son père,

Sans dire n BoupîraTit : « J'avais un pèie aussi! » Sun image est toujours présente à ma tendresse. Au! quand le pale automne aura jauni les buis", 0 mon père! je veux promener ma tristes Aux lieux où je te vis pmir la dernière fois.

Sur ces bords que la Somme arrose, J'irai chercher l'asile où ta cendre repose;

J'irai d'une modeste fleur

Orner ta tombe respectée ; Et sur la pierre, encor de larmes humectée,

Redire ce chant de douleur.

Millevoye.

Raves de poésie.

Partons, nous sommes seuls; l'univers est à nous. Voilà la verte Ecosse, et la brune Italie,

i, ma mère. où. le miel est si doux; -, et Ptéléon, ville des hécatombes, El LVfessa la divine, agréable aux colombes; Et le front chevelu du Pélion int;

Et le bleu Titarèse, et le golfe d'argent Qui montre dans les eaux OÙ le 0] mire

La blanche Oloossone à la blanche Camyre.

Dis-moi, quel songe d'or nos chants vont-ils b vont venir les pleurs que nous allons véi atin, quand le jour a frappé ta paupière,

Quel séraphin pensif, courbé sur ton chevet, tait des lilas dans ta robe lé cunla.it tout bas les - qu'il revuitv

Chanterons-nous l'espoir, la tristesse ou la joie? Tremperons-nous de sang les bataillons d'acier? Suspendrons-nous l'amant sur l'échelle de soie? Jetterons-nous au vent l'écume du coursier? Dirons-nous quelle main, dans les lampes sans nombre, De la maison céleste, allume nuit et jour L'huile sainte de vie et d'éternel amour? Crierons-nous à Tarquin : « Il est temps, voici l'ombre. »

Descendrons-nous cueillir la perle au fond des mers?

Mènerons-nous la chèvre aux ébéniers amers?

Montrerons-nous le ciel à la mélancolie?

Suivrons-nous le chasseur sur les monts escarpés?

La biche le regarde; elle pleure et supplie;

Sa bruyère l'attend; ses faons sont nouveau-nés;

Il se baisse, il l'égorgé, il jette à la curée

Sur les chiens en sueur son cœur encor vivant.

Dirons-nous aux héros des vieux temps de la France

De monter tout armés aux créneaux de leurs tours,

Et de ressusciter la naïve romance

<^ue leur gloire oubliée apprit aux troubadours?

Vêtirons-nous de blanc une molle élégie?

L'homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie,

Et ce qu'il a fauché du troupeau des humains ,

Avant que l'envoyé de la nuit éternelle

Vînt sur son tertre vert l'abattre d'un coup d'aile,

Et sur son cœur de fer lui croiser les deux mains?

Clouerons-nous au poteau d'une satire altière Le nom sept fois vendu d'un pâle pamphlétaire, Qui, poussé par la faim, du fond de son oubli, S'en vient tout grelottant d'envie et d'impuissance, Sur le front du génie insulter l'espérance, Et mordre le laurier que son souffle a sali?

Prends ton luth! prends ton luth! je ne peux plus me taire. Mon aile me soulève au souffle du printemps. Lèvent va m'emporter, je vais quitter la terre. Une larme de toi! Dieu m'écoute; il est temps.

A. de Musset '

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