‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 8 sur 115 · C.KNRE ÉPiyUE ET &SNRB HISTORIQUE · texte numérisé non relu

C.KNRE ÉPiyUE ET &SNRB HISTORIQUE

Lorsque des bûcherons, réunissant Leurs bras, i q tronc ébranlé font volet les êcl L'arbre allier, balançant sa tête chancelant

• au loin les monts de sa chute pesante : Attaqué, mutilé, déchiré Lentement, Enfin, dans un dernier et long gémissement, Il épuise sa vie, il tombe, et les collines

lu poids de Bea vastes ruines :

Ainsi tombe Ilion!

Delille (Trad. de l 'Enéide de Virgile).

Le Vieillard de Tarente.

Aux lieux où le Galèse, en des plaines fécondes,

Parmi les blonds épis roule ses noires ondes,

Fa! vu, je m'en souviens, un vieillard fortuné

Possesseur d'un terrain longtemps abandonné :

C'était un sol ingrat, rebelle ù la culture,

Qui n'offrait aux troupeaux qu'une aride verdure;

Ennemi des raisins et funeste aux moissons.

Toutefois, en ces lieux hérissés de buissons,

Un parterre de fleurs, linéiques plantes heureuses

Qu'élevaient avec soin ses mains laborieuses,

Un jardin, un verger, dociles à ses lois,

Lui donnaient le bonheur qui s'enfuit loin des rois.

Le soir, des simples mets que ce lieu voyait naître, Ses mains chargeaient sans frais une table champêtre. Il cueillait le premier les roses du printemps, Le premier de l'automne amassait les présents; Et lorsqu'autour de lui, déchaîné sur la terre, L'hiver impétueux brisait encor la pierre, D'un frein de glace encor enchaînait les roseaux, Lui déjà de l'acanthe émondait les rameaux, Et, du printemps tardif accusant la paresse, Prévenait les zéphyrs et hâtait sa richesse.

Chez lui le vert tilleul tempérait les chaleurs; Le sapin pour l'abeille y distillait ses pleurs. Aussi, dès le printemps, toujours prêts à renaître, D'innombrables essaims enrichissaient leur maître; Il pressait le premier ses rayons toujours pleins, Et le miel le plus pur écumait sous ses mains. Jamais Flore chez lui n'osa tromper Pomone;

Chaque fleur du printemps était un fruit d'automne. 11 savait aligner, pour le plaisir des yeux, Des poiriers déjà forts, des ormes déjà vieux, Et des pruniers greffés, et des platanes sombres (Jui déjà recevaient les buveurs sous leurs ombres.

Delille (Trad. des Géorgiques de Virgile).

La jeune Tarentine.

Page 1