‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 81 sur 115 · GENRE DIDACTIQUE · texte numérisé non relu

GENRE DIDACTIQUE

VIRGILE. Nos muses ne doivent point être |alouses Tune utre : leur Bont si dlffér [ne vous avez

erveilleux la variété. Vos Odes Bont tendres,

ouvent véhémentes, rapides, Bublimes.

Bâtir de Bel : on y

trouve une profonde connaisssance de L'homme, nue philosophie très-sérieuse, avec un tour plaisant qui • li s ire (i''s hommes et qui les instruit en se jouant. \ ue montre que. vous aviez toute - acquises , < oute la force il • génie > >uter les plus grands ouvrages, soit pour le poème épique, soit pour la tragédie.

Horace. C'est bien à vous à parler de variété, vous qui mis dans vus Eglogues la tendresse naïve de 1 Vos G - sont pleines des peintures les plus riantes :

vous embellissez et vous passi tez toute la nature.' Enfin,

dansvotn l le bel ordre, la m. ce, la force et

la sublimité d'Homère éclatent partout.

Virgile. Mais je n'ai fait que le suivre pas & pas. Horace. Vous n'avez point suivi Homère quand vous avez traité les amours de Didon. Ce quatrième livre est tout original. On ne peut pas môme vous nier la louange d'i t'ait la descente d'Enée aux enfers plus belle que n'est 1 cation des âmes qui est dans VOdyssée.

Virgile. Mes derniers livres sont ni : je ne préten-

dais pas l.s laisser si imparfaits; vous savez que je voulus tes brûler.

Horace. Quel dommage si vus P< It! C'était une

délicatesse excessive : on voit bien que 1 autour des l

irait pu finir 17". e avec le même soin. Je remoins ci s litude que l'essor du génie,

la conduite de tout l'ouvra la hardiesse des

peintures. A \ .si quelque chose vous

empê ■• plus poli, plus cl

plus fini, mais moins .-impie, moin oins sublime:

car d'un seul trait il met la nature toute nue devant les

Virgile. J'avoue que j'ai dérobé quelqu la simple

nature, pour m'accommoder a . goût d'un peuple magnifique e délicat sur toutes les choses qui cuit rappo t à 1

se. Homère semble avoir oublié le leeteur pour ne songer qu'à peindre en tout la vraie nature; en cela je lui Horace. Vous êtes toujours ce modeste Virgile qui eut tant

de peine à se produire à la cour d'Auguste. Je vous ai dit librement, ce que je pense sur vos ouvrages : dites-moi de même les défauts des miens. Quoi donc! me croyez incapable de les reconnaître?

Virgile. Il y a, ce me semble, quelques endroits de vos Odes qui pourraient être retranchés sans rien ôter au sujet, et qui n'entrent point dans votre dessein. Je n'ignore pas le transport que l'ode doit avoir ; mais il y a des choses écartées qu'un beau transport ne va point chercher. Il y a aussi quelques endroits passionnés et merveilleux, où vous remarquerez peut-être quelque chose qui manque, ou pour l'harmonie, ou pour la simplicité de la passion. Jamais homme onné un tour plus heureux que vous à la parole, pour lui faire signifier un beau sens avec brièveté et délicatesse; les mots deviennent tout nouveaux par l'usage que vous en faites *. Mais tout n'est pas également coulant : il y a des choses que je croirais un peu trop tournées.

Horace. Pour l'harmonie, je ne m'étonne pas que vous soyez si difficile. Rien n'est si doux et si nombreux que vos vers- leur cadence seule attendrit et fait couler les larmes des veux.

Virgile. L'ode demande une autre harmonie toute différente, que vous avez trouvée presque toujours, et qui est plus variée que la mienne.

Horace. Enfin, je n'ai faitque de petits ouvrages. J'ai blâmé ce qui est mal; j'ai montré les règles de ce qui est bien : mais je n'ai rien exécuté de grand comme votre poème héroïque.

Virgile. En vérité, mon cher Horace, il y a déjà trop longtemps que nous nous donnons des louanges : pour d'honnêtes gens, j'en ai honte. Finissons. Fénelon.

L'Éloquence cnrétienne.

Les philosophes de la Grèce énoncèrent dans l'enceinte de leurs écoles quelques grandes vérités morales, et Platon avait eu de sublimes pressentiments sur les destinées humaines; mais ces idées, mêlées d'erreurs et enveloppées de ténèbres, divulguées à voix basse depuis Socrate, ne s'a-

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