‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 96 sur 115 · LE MARI · texte numérisé non relu

LE MARI

La bâtisse s'achève ; avec notre ami Jacques Bientôt je reviendrai, nous serons joyeux tous : Du vin, un bon rôti, des œufs rouges de Pâques ! Tu sais, Jacques, tu sais que ta place est chez nous.

Courage! encore une journée Et cette reine des maisons Dans Paris sera terminée :

Courage, apprentis et maçons

r.KNUK KPISTOI.URF. — cf.nrf. ankcdotiquk !

Avec leurs marteaux, leurs truelles, El des gravats plein leurs paniers, Gomme ils sont vifs sur les échelles!

Moins vifs seraient des mariniers.

Qu'on prépare un bouquet de fête; Au pignon il faut le planter.

Les plumes au vent, sur le faite, Voyez-vous le moineau chanter?

Eux, ce soir, les pars de Lim Du travail chanteront la lin ;

■ >U3 entendrez votre êl Bourgeois, si vous payez le vin.

Ah ! quelle rumeur sur la place ! € A l'aide, à l'aide, Limousins!

« Du foin, de la paille! on ! rie grâce, c Des matelas et des coussins!

« Si l'un à cette pierre blanche

« Peut s'accrocher, ils sont sauvés....

« Ali! tous deux font craquer la planche!

< Ils vont tomber sur les pavés. >

Et vers fêtai qui se balance, Ils restent là, les bras en haut; Alors, dans le morne silence, On entendit sur l'échafaud :

< J'ai trois enfants, Jacque. une femme! î> Jacque un instant le regarda :

« C'est juste! » dit cette bonne àme, Et dans la rue il se jeta.

rv

Ah! ton nom, ton vrai nom, que ma voix le répande ' Toi que j'appelai Jacque , ô brave compagnon! Inconnu qui portais une àme douce et grande, Pour l'honneur du pays, héros, dis-moi ton nom!

Sommes-nous au-dessous des temps de barbarie? Les tiens dans ton hameau ne t'ont point rapporté!

t. Ce fait est historique et s'est produit à Paris.

Ils ne t'ont point nommé saint de leur confrérie! Les rimeurs se sont tus! l'orgue n'a point chanté!

Des amis, un surtout, pleurant sur ton cadavre, Quelques mots du journal, voilà ton seul honneur : Honte à qui voit le mal sans que le mal le navre, Ou qui voyant le bien n'est ivre de bonheur !

Brizeux *.

Une lecture de l'imitation de Jésus-Christ.

J'étais dans ma prison, seul dans une petite chambre et profondément triste. Depuis quelques jours, j'avais lu les Psaumes, l'Evangile et quelques bons livres. Leur effet avait été rapide, quoique gradué. Déjà j'étais rendu à la foi, je voyais une lumière nouvelle, mais elle m'épouvantait et nie consternait en me montrant un abîme, celui de quarante années d'égarement. Plein de ces désolantes idées, mon cœur était abattu et s'adressait tout bas à Dieu que je venais de retrouver, et qu'à peine connaissais-je encore. Je lui disais: « Que dois-je faire ? Que vais-je devenir ? J'avais sur ma table Y Imita lion, et l'on m'avait dit que, dans cet excellent livre, je trouverais souvent la réponse à mes pensées. Je l'ouvre au hasard, et je tombe, en l'ouvrant, sur ces paroles : « Me voici, mon fils! Je viens à vous parce que vous m'avez invoqué.» Je n'en lus pas davantage; l'impression subite que j'éprouvai est au-dessus de toute expression, et il ne m'est pas plus possible de la rendre que de l'oublier. Je tombai la face contre terre, baigné de larmes, étouffé de sanglots, jetant des cris et des paroles entrecoupées. Je sentais mon cœur soulagé et dilaté, mais en même temps comme prêt à se fendre. Assailli d'une foule d'idées et de sentiments, je pleurai assez longtemps sans qu'il me reste d'ailleurs d'autre souvenir de cette situation, si ce n'est que c'est sans aucune comparaison ce que mon cœur a jamais senti de plus violent et de plus délicieux, et que ces mots : « Me voici, mon fils! » ne cessaient de retentir dans mon âme et d'en ébranler puissamment toutes les facultés. Laharpe.

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