Polsies. ^Didier oJiu
SIXIÈME TAKTIE
GENRE PHIL0S0PH1UUE, MOllAL ET RELIGIEUX
Critique des Philosophes anciens.
Que de héros laineux! quels graves personnagi : Que vois-je? la Discorde, au milieu de -es!
El de maîtres entre eux sans cesse divisés,
al dés sectateurs l'un à l'autre opposés.
folles vanités font pleurer Heraclite, Ces mômes vanités fontrire Démocrite.
Quel remède à nus maux que des ris où des pleurs! Qu'ils en cherchent la cause, et guérissent nos cœurs. Habitant des tombeaux, que t'apprend leur siléùcè?
— « Les atomes erraient dans un espace' immense; Déclinant de leur roule, ils se sont approchés; Hurs, inégaux, sans peuie ils se sont accrochés. Le hasard a rendu la nature parfaite :
L'œil au-dessus du front se creusa sa retraite;
iras au haut du corps se trouvèrent liés; La terre heureusement se durcit sous nos pieds. Vunivers fut le fruit de ce prompt asseinbl L'élre libre et pensant en fût aussi l'ouvrage. »
— Par honneur, llippocrate, lui par pitié du moins, Va guérir ce rêveur si digne de tes soins.
C'est à l'eau dont tout sort due Thaïes nous ramène;
L'air seul a tout produit, nous dit Anaximêne;
Et l'éternel pleureur assure que le feu
De l'univers nais-sant mit les ressorts en jeu.
Pyrrhon, qui n'a trouvé rien de sur que son doute,
De peur de s'égarer, ne prend aucune route;
Insensible à la vie, insensible à la mort,
Il ne sait quand il veille, il ne sait quand il dort;
Et de son indolence, au milieu d'un orage,
Un stupide animal est en effet 1 image.
Orné de sa besace et fier Je son manteau,
Cet orgueilleux n'apprend qu'à rouler un tonneau.
Oui, sa lanterne en main, Diogène m'irrite;
Il cherche un homme, et lui n'est qu'un fou que j'évite.
C'est assez contempler ces astres si parfaits ; Anaxagore, enfin, dis-nous qui les a faits. Mais quelle douce voix enchante mon oreille? Tandis qu'en ces jardins Épicure sommeille, Que de voluptueux répètent ses leçons, Mollement étendus sur de tendres gazons ! Malheureux! Jouissez promptement de la vie; Hâtez-vous, le temps fuit, et la Parque ennemie D'un coup de son ciseau va vous rendre au néant : Par un plaisir encor volez-lui cet instant.
Votre austère rival, pâle, mélancolique, Fait de ses grands discours résonner le Portique. Je tremble en l'écoutant : sa vertu me fait peur; Je ne puis, comme lui, rire dans la douleur; J'ose la croire un mal, et le crois sans attendre Que la goutte en fureur me contraigne à l'apprendre.
L'Académie, enfin, par la voix de Platon, Va dissiper en moi tout l'ennui de Zenon; Mais de Platon lui-même, et qu'attendre, et que croire, Quand de ne rien savoir son maître fait sa gloire ll Incertain comme lui, n'osant rien hasarder, Il réfute, il propose, et laisse à décider. Par quelques vérités à peine il me console; Il s'arrête, il hésite, il doute et me désole.
Son disciple jaloux 2, prompt à l'abandonner, Se retire au Lycée, et m'y veut entraîner : Mais à l'homme inquiet le maître d'Alexandre Du terrible avenir ne daigne rien apprendre. Que me fait sa morale, et tout son vain savoir, S'il me laisse mourir sans un rayon d'espoir?
Loin des longs raisonneurs que la Grèce publie, Le mystique vieillard 3 m'appelle en Italie. La mort, si je l'en crois, ne doit point m'affliger : On ne périt jamais, on ne fait que changer; Et l'homme et l'animal, par un accord étrange, De leurs âmes entre eux font un bizarre échange. De prisons en prisons enfermés tour à tour,