‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 120 sur 231 · IMPRÉCATIONS DE DIDON · texte numérisé non relu

IMPRÉCATIONS DE DIDON

J'espère bien enfin (si les bons dieux, au moins, Ne peuvent être ensemble et vengeurs et témoins*) Qu'avec mille sanglots tu verras le supplice Que le juste destin garde à ton injustice.*.. Gomme si de Mégère on m'avoit fait la sœur* J'engraverai ton tort dans ton parjure cœur; Car quand tu m'auras fait croistre des morts le nombre. Partout, devant tes yeux se roidira mon ombre. •

Tu me tourmentes, mais, en l'effroyable trouble Où sans fin tu seras, tu me rendras aii double Le loyer de mes maux. La peine est bien plus grande En im remords sans fin : telle je la demande; Et si les dieux du ciel ne m'en faisoyent raison, J'esmouvrois, j'esmouvrois l'infernale maison. Mon deuil n'a point de fin. Une mort inhumaine Peut vaincre mon amour, non pas vaincre ma haine. {Tragédie de JHdon.)

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