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Cest dans cette société d*esprits distingués qu'il jeta les fondements de la révolution littéraire qui changea Tavenir de notre langue et de notre poésie. Ses premiers ouvrages poétiques, imprimés vers 1551, furent vivement mais inutilement attaqués à la cour par Mellin de Saint-Gelais et sa coterie. Proclamé par les mainteneurs des jeux floraux le poëte français par excellence; placé par les lettrés et les savants du siècle au rang d*Homère et de Virgile; recherché des rois Henri II, Charles IX, Henri III, de Charles IX surtout, qui ne pouvait se séparer de lui; admiré, prôné, sans rivaux, il jouit, de son vivant, d'une gloire qui n'eut d'égale que la chute qui la suivit. Malherbe avait un exemplaire de ses œuvres, qu'il avait biffé d'un bout jusqu'à l'autre. Boileau le traita avec le plus méprisant dédain. Une critique plus juste a replacé Ronsard, non pas au pinacle où l'avait porté l'enthousiasme de ces contemporains, mais à une place fort élevée. Si sa tentative pour enrichir la langue des dépouilles de l'antiquité l'embarrassa parfois de mots baroques ou bizarrement créés, d'épithète^ enflées et redondantes, ce qui rend insupportable la lecture de son poème de la JFVanciodf, il faut lui reconnaître beaucoup d'imagination, de force, de verve, de grâce, le don de peindre par un style créé, et souvent (surtout dans ses petites pièces) un charme pénétrant et uo« délicatesse exquise de sentiment et d'expression. Il imita souvent, et en maître, Anacréon et d'autres poôtes de l'antiquité. Le premier, il introduisit dans notre langue l'ode, l'hymne et' l'épithalame On a de lui deux livres à' Amours, cinq livres d'Ode», quatre chants d'un poëme, la Franciade, en vers de dix syllabes, avec une préface sur le rôle du poème héroïque ; le Bocage royal, recueil de poésies à la louange des rois et des grands de l'époque ; des Églogues, Êlégiesj Hymnes, Sonnets, Gaietés, Épitaphes, etc. Un excellent choix de ses œuvres a été publié par M. Becq de Fouquières. Ronsard est qualifié dans des lettres patentes de conseiller et aumônier ordinaire du roi et de madame de Savoie, Il fut curé d'Évaillé (Sarthe) dès 1557 ^
Page 20, V. 7. Comme un chevreuil, etc. Imité de Bembo. — V. 23. Rivages tors (littéral, tordus), qui se recourbent.
Page 21, V» 10. Thusque, toscan.
— V. 23. Virgile, jEn. VI, 785.
Page 22, v. 1. lïorace. Odes, III, 2.
— V. 20. Ovide, Am. III, 15.
— V. 27. TibuUe, I, vm, 41.
Page 23, v. 32. Pindare, 01. vn.
Page 25, v. 5. Horace, Odes, III, xiii.