‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 222 sur 231 · Lalanne, Dtd. de Vhiit. de Fra/nee · texte numérisé non relu

Lalanne, Dtd. de Vhiit. de Fra/nee

tection de Jacques Gollin^ abbé de Saint- Ambroise et lecteur du roi, qui, par le crédit de Marguerite, sœur de François I*', lui fit obtenir une chaire de grec et de latin dans Puniversité de Bourges. G*est là qu'il traduisit le roman grec d'Héliodore, Théagène et Chariclée{ihkh, in-fol.), et quelques vies des Uommes illustres de Plutarque, qu'il dédia à François I**; le roi accepta la dédicace, lui ordonna de continuer ce travail et lui fit don de Tabbaye de Beliozane.

Avant de se remettre à l'œuvre, Amyot fit le voyage d'Italie pour y consulter les manuscrits de Plutarque. Gonune il était à Venise, il fut chargé par l'ambassadeur de France et le cardinal de Toumon d'une mission délicate auprès du concile de Trente. L'habileté avec laquelle il s'en acquitta fit sa fortune. Le cardinal le fit agréer par Henri II pour être le précepteur de deux de ses fils. Ses deux élèves, devenus Charles IX et Henri III, le nommèrent l'un son grand aumônier et évéque d'Auzerre, l'autre commandeur de l'ordre du Saint-Esprit. Son crédit fut grand auprès de ces deux princes : les ligueurs l'accusèrent môme d'avoir conseillé le meurtre du duc de Guise ; ils l'attaquèrent sur la grande route comme il retournait à son évéché et mirent un instant sa vie en danger. Plus tard il se rapprocha des ennemis de la cause royale.

C'est sous le règne de Henri II qu'il acheva sa traduction des Vies de Plutarque. U entreprit ensuite celle des Œuvres morales du môme écrivain, qu'il n'acheva que sous le règne de Charles IX. C'est aussi sous Henri U qu'il donna sa ti*aduction de Daphnis et CMoé (1559, in-8*}. U a eocore traduit sept livres des Histoires de Diodore de Sicile (1554, in-8»).

Amyot a répandu dans Sa traduction toute la naïveté et les grâces de l'ancienne langue française, qu'il a en même temps épurée par un choix exquis des mots et des phrases qui conviennent le mieux à soc génie. « Nous autres ignorants étions perdus, dit quelque part Mon taigne à propos de la tradaction des Vies de Plutarque, si ce livre ne nous eût retirés du bourbier. Sa merci (grâce à lui), nous osons à cette heure et parler et écrire ) les dames en régentent les maîtres d'école ; c'est notre bréviaire. > Vdugelas disait de la langue française: « Tous ses magasins et tous ses trésors sont dans les œuvres de ce grand homme. » Enfin Racine lui-même, dans un temps où le vieux langage était bien dédaigné : • Cet ouvrage a, dans le vieux style du traducteur, une grâce que je ne crois pas pouvoir être égalée dans notre langue moderne. > La traduction des Viesde>^ hommes illustres de Plutarque a été réimprimée plusieurs fois. Celle de Daphnie et Chloé a été complétée par Courier en 1810 \

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