‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 29 sur 231 · GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVP SIÈCLE. XXXV · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVP SIÈCLE. XXXV

au comte d'Egmont qu'il le faisolt prisonnier de par le roy, ce fut luy qui fut fort estonné, et dit au capitaine tels mots.

Brant. 196.

Les paysans ayant faict plusieurs telles fosses en la montagne, ils ne peurent néanmoins prendre la louve.

Abiyot, 175.

Ce qui feit depuis croire le rapport de telle vision fut une fièvre continue qui dura quatorze jours.

AuB. 234.

Je n'ay aultre thrésor en ce monde que te veoir une foys en ma vie absolu et parDûct et tel te laisser après ma mort.

Rab. 121.

§ 59. Aitcun. Ce mot, qui s'écrivait au treizième siècle cUçurij et alqun au douzième, est un composé de algues^ comme chacun est un composé de chaque^ et quelqu'un de quelque, — Aliquis donna en vieux français alque : aliqui venerunt, alque vinrent, disait notre ancienne langue. — Alque est donc l'équivalent de quelque, et alqun (alqu'un) l'équivalent de quelqu'un. L'histoire et l'étymologie à'aucun montrent que ce mot a un sens essentiellement affirmatif : Avez-^ous entendu aucun discours qui vous fit croire? Allez au bord de la mer attendre les vaisseaux, et si vous en voyez aucuns, revenez me le dire. Phèdre était si succinct qu'aucuns V en ont blâmé (la Fontaine, Fables, VI, 1). — Au^yun devient négatif quand il est accompagné de ne : J'en attendais trois, au^cun ne vint. — Mais il ne faut pas perdre de vue qu'en lui-même et de sa nature aucun est positif et signifie quelqu'un, et le seizième siècle l'employait toujours au premier sens.

Le plus ou moins do durée en nostre vie^ si nous la comparons à Téternité, ou encore à la durée des montaignes^ des rivières, des arbres et ^CMCWM animaux, est ridicule.

Mont. 207.

Dieu n'a pa» voulu forclorre à aacwM l'entrée de la félicité.

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