LXVI INTRODUCTION
Section II. Participe passé,
§ 130. Dans notre vieille langue le participe avec avoir variait au gré de Técrivain, même quand le complément suivait : il a achetée une ferme ou il a acheté une ferme (dans le premier cas achetée s'accorde avec fermey dans le second acheté s'accorde avec un complément sous-entendu, cela : il a acheté cela^ une ferme) ; on disait plus volontiers d'ailleurs, ai^ec inversion, il a une ferme achetée :
Sur mes deux bras ilz ont la main posée Et m'ont mené ainsi qu'une espousée.
Marot, 12.
A partir du seizième siècle, l'usage de l'invariabilité (quand le régime suit) commence à apparaître : quelques grammairiens (Palsgrave en 1530, Ramus, lesEstienne) formulent déjà sur ce point des règles que le dix-septième siècle a fini par adopter en les modifiant. On trouve encore, au temps de Louis XIV, quelques traces de l'ancien accord du participe : « il m!ay droit dans ma chambre^ une 6o^^e jetée, » dit Molière dans V École des maris^ et Corneille, dans les Horaces (V, 8) : « fe seul amour de Rome a sa main animée. »