‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 54 sur 231 · DE L'ORTHOGRAPHE ET DE LA PRONONCIATION AU SEIZIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

DE L'ORTHOGRAPHE ET DE LA PRONONCIATION AU SEIZIÈME SIÈCLE

§ 136. Il n'existe, en théorie, que deux systèmes d'orthographe : le premier qui figure exactement la prononciation ou orthographe phonétique; le second qui s'attache plutôt à rappeler l'origine du mot et est dit orthographe étymologique. L'orthographe phonétique , exacte peinture de la voix, n'admet que des lettres vivantes et prononcées : elle écrira filantropie ^ orfelin^ filosofiey commenous écrivons /'aisan [de phasicmus)^ fantaisie (cpov- Taaia), fantôme (de phantasme). A côté de ces lettres actives, l'orthographe étymologique admet, au colitraire, des lettres mortes, qui rappellent aux yeux l'étymologie, mais qui ne jouent aucun rôle dans la prononciation : telle est par exemple la consonne p dans exempt (de exémptus), baptiser (de haptiza/re) : dans ce système on écrira phaisariy phantaisie^ phantosme; sujet y venant de suhjectwny sera orthographié subject^ etc....

Au point de vue de la pure logique, le système phonétique est la seule orthographe rationnelle ; l'orthographe étymologique manque en effet de base, puisqu'elle ne s'appuie que sur l'orchographe d'une langue antérieure, et que d'autre part elle suppose arbitrairement c[ue les étymologies sur lesquelles elle se fonde pour imposer aux mots telle ou telle lettre parasite sont indiscutables. D'ailleurs, l'orthographe d'une langue, comme la langue elle-même, n'est point faite pour quelques

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