‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 67 sur 231 · ORTHOGRAPHE, PRONONCIATION, ETC. LXXX^II · texte numérisé non relu

ORTHOGRAPHE, PRONONCIATION, ETC. LXXX^II

et TAcadémie, dans ses Observations, lui reproche d'avoir abandonné l'ancienne prononciation : « Ce mot de meur- « trier qu'il répète souvent le faisant de trois syllabes a n'est que de deux. »

On trouve encore ie monosyllabique dans La Fontaine : Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe.

Et dans Molière :

Que les ouvriers qui sont après son édifice.

§ 157. On retrouve cette forme dans alloyent (Belleau, hl)y apparoistre (Bellay, 49), cognoissance (Galv., 113), cognoist (Régn.y 110), connoissez (Aub., 237), croignoit* (Régn., 109), effrayez (Amyot, 166), effroyoit (Aub., 90), estait (Aub., 235), foible (Gayet, 179), foys (Mont., 216), français (Rons., 21), paroisf (Aub., 91), plaisait (Aub., 235), pourmenoyt (Rab., 128), recannaissables (Aub., 235), sçavait (Marot, 9), vaiaient (Aub., 235), vais (Jod., 70), qui ont aujourd'hui ai. Cet ai était, au commencement du seizième siècle, prononcé oé, oué, comme on le voit par l'orthographe coëffé (Charr., 228), mirouer (Rab., 121).

§ 158. Ot, qui provient en français de deux sources différentes, Yè et Vî latins (lêgem lot, rêgem roi, — fedem foi, pHum poil), a d'abord été ei (au onzième siècle, let, rei, fei, lei), qui s'est postérieurement développé en oi, que l'on prononçait à Paris, au seizième siècle, aé, ouéy dans les hautes classes, — oa dans le peuple. De là au seizième siècle des rimes comme pécheresse avecparoisse (prononcé paroiiesse), demoiselle avec estaile (prononcé estouelle). Cette prononciation en aué dura jusqu'à la Révolution. A la cour de Louis XIV, on prononçait un auézeaUy la faué, la laué, Boileau fait encore rimer Fran-

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