‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 68 sur 231 · LXXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXXVIII INTRODUCTION

Ifçois et lois (c'est-à-dire FrcmçouéB et Zoieés), et La ^Fayette, qui avait conservé les traditions de l'ancienne cour, prononçait encore, en 1830, le roi le roué. La prononciation en oiwi, qui était propre au bas peuple de Paris, prit le dessus à la Révolution, par l'influence des clubs et des réunions populaires.

En Normandie, la prononciation ei de l'ancien français, au lieu de se développer en oi, s'assourdit en é, et ce son è nous revint parle dialecte normand, d'où la prononciation de e pour oi dans les imparfaits [alloit^ venoity etc.), prononciation qu'au dix-huitième siècle Voltaire (après Nicolas Bérain et plusieurs autres) exprima par l'orthographe ai, réservant avec raison l'orthographe oi pour les mots comme loi^ foi^ dans lesquels la 'diphthongue a conservé sa prononciation propre.

§ 159. Oi répond aux formes modernes en é, ei dans envoira (Rons., 25), poitrir (Rons., 28), revoiray (Bellay, 49), roines (Desp., 86), royne (Hosp., 155), tonnoirres (Calv., 114), voyrez (Rab., 124), voyrons (Rab., 129).

OU

§ 160. Ou répond à notre o moderne dans arrouser (Desp., 87), coursaires (Boét., 193), coustau (Serres, 225), coustelettes (Rab. 126), decolowrez (Amyot, 172), fourmages (Serres, 225), fourment (Régn., 104), fouyer (Mont., 213), mouelle (Rons., 21), ouyant (Rab., 130), pourmenans (Rab., 119), pounnener (Rons., 44), propous (Rab., 130), proufficter (Rab., 121), proufit (Boét., 193), proufitent (Boét., 192), rousoyantes (Rons., 20), tanioust (Rab., 130), voulentiers (Rab., 129), voulunté (Amyot, 163), mots que le français moderne a gardés sous la forme de l'o pur, sans accepter l'affaiblissement en ou.

ORTHOGRAPHE, PKONONCIATlOxN, JiTC. LXXXIX

UE

§ 161. Nous ne pouvons indiquer ici comment Ttf latin devient eu en français (ndvem, neuf), en passant par les intermédiaires ue^ oe, eu : d'abord [nuef que Ton trouve au onzième siècle, plus tard noef, enfin neuf. Quelques mots, comme cueillir^ cbccueillir^ n'ont pas subi la transformation complète de o en eu et se sont arrêtés à Tétage ue : c'est dans le même cas que se trouvent au seizième siècle les mots cueur (Grmg., 4), dueil (Bellay j 54), fueille (Rons., 20), vueil (Gring., 4), vueille (Bèze, 135).

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