‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 96 sur 231 · A LA FOREST DE GAST1NE · texte numérisé non relu

A LA FOREST DE GAST1NE

Couché sous tes ombrages vers ,

Gastine, je te chante Autant que les Grecs, par leurs vers

La forest d'Erymanthe :

Car, malin, celer je ne puis

A la race future De combien obligé je suis

A ta belle verdure.

Toy qui, sous l'abry de tes bois,

Ravy d'esprit m'amuses; Toy qui fais qu'à toutes les fois

Me respondent les Muses; Toy par qui de l'importun soin

To»at franc je me délivre , Lorsqu'en toy je me pers bien loin,

Parlant avec un livre.

Tes bocages soient tousjours pleins

D'amoureuses brigades De Satyres et de Sylvains ,

La crainte des Naiades !

En toy habite désormais

Des Muses le collège , Et ton bois ne sente jamais

La flamme sacrilège !

* Pour boire, dessus l'herbe tendre Je veux sous un laurier m'estendre, Et veux qu'Amour d'un petit brin Ou de lin, ou de cheneviere, Trousse au flanc sa robe légère.

Et my-nud me verse du vin.

L'incertaine vie de l'homme De jour en jour se roule comme Aux rives se roulent les flots, Et, après notre heure dernière, Rien de nous ne reste en la bière Que je no sçay quels petits os.

Je ne veux,. selon la coustume, " Que d'encens ma tombé on parfume.

Ny qu'on y verse des odeurs ; Mais, tandis que je suis en vie, . J'ay de me parfumer envie Et de me couronner de fleurs.

UAMOUR MOUILLÉ*.

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