A LA FOREST DE GAST1NE
Couché sous tes ombrages vers ,
Gastine, je te chante Autant que les Grecs, par leurs vers
La forest d'Erymanthe :
Car, malin, celer je ne puis
A la race future De combien obligé je suis
A ta belle verdure.
Toy qui, sous l'abry de tes bois,
Ravy d'esprit m'amuses; Toy qui fais qu'à toutes les fois
Me respondent les Muses; Toy par qui de l'importun soin
To»at franc je me délivre , Lorsqu'en toy je me pers bien loin,
Parlant avec un livre.
Tes bocages soient tousjours pleins
D'amoureuses brigades De Satyres et de Sylvains ,
La crainte des Naiades !
En toy habite désormais
Des Muses le collège , Et ton bois ne sente jamais
La flamme sacrilège !
* Pour boire, dessus l'herbe tendre Je veux sous un laurier m'estendre, Et veux qu'Amour d'un petit brin Ou de lin, ou de cheneviere, Trousse au flanc sa robe légère.
Et my-nud me verse du vin.
L'incertaine vie de l'homme De jour en jour se roule comme Aux rives se roulent les flots, Et, après notre heure dernière, Rien de nous ne reste en la bière Que je no sçay quels petits os.
Je ne veux,. selon la coustume, " Que d'encens ma tombé on parfume.
Ny qu'on y verse des odeurs ; Mais, tandis que je suis en vie, . J'ay de me parfumer envie Et de me couronner de fleurs.
UAMOUR MOUILLÉ*.