‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 201 sur 212 · Lalanne, Diet, de Vhtit. de France · texte numérisé non relu

Lalanne, Diet, de Vhtit. de France

tection de Jacques Collin, abbe de Saint-Ambroise et lecteur da roi, qui, par le credit de Marguerite, sosur j}e Francois I", lui fit obtenir une cbaire de grec et de latin dans. l'universite de Bourges. C'est la qu'il traduisit le roman grec d'HSliodore, TMagine et C/iariei&(1545, in-fol.), et quelques Ties des Hommes illustres de Plutarque, qu'il dedia a Francois I er ; le roi accepta la dedicace, lui ordonna de continuer ce travail et lui fit don de l'abbaye de Bellozane.

Avant de se remettre a l'ceuvre, Amyot fit le voyage d'ltalie pour y consulter les manuscrits de Plutarque. Gomme il etait a Venise, il fut charge par l'ambassadeur de France et le cardinal de Tournon d'une mission delicate aupres du concile de Trente. L'nabilet6 avec laquelle il s'en acquitta fit sa fortune. Le cardinal le fit agreer par Henri II pour 6tre le precepteur de deux de ses fils. Ses deux eleves, devenus Cbarles IX et Henri III, le nommerent Tun son grand aumdnier et eveque d'Auxefre, l'autre commandeur de l'ordre du Saint-Esprit. Son credit fut grand aupres de ces deux princes : les ligueurs l'accuserent meme d'avoir conseille le meurtre du due de Guise ; ils l'attaquerent ' sur la grande route comme il retournait a son ev£che* et mirent un instant sa vie en danger. Plus tard il se rapprocba des ennemis de la cause rpyale.

C'est sous le regne de Henri II qu'il acbeva sa traduction des Vies de Plutarque. II entreprit ensuite celle des (Euvres morales du m£me ecrivain, qu'il n'acheva que sous le regne de Cbarles IX. C'est aussi sous Henri II qu'il donna sa traduction de Daphnis et Chlo4 (1559, in-8*). II a encore traduit sept livres des Histoires de Diodore de Sicile (1554, in-8').

Amyot a repandu dans sa traduction toute la naivete" et les graces de l'ancienne langue francaise, qu'il a en m£me temps epurle par un cboix exquis des mots et des phrases qui conviennent le mieux a sot genie. « Nous autres ignorants etions perdus, dit que'lque part Mon taigne a propos de la traduction des Vies de Plutarque, si ce livre ne nous eut retires du bourbier. Samerci (grace a lui), nous osonsa cette heure et parler et ecrire ; les dames en regentent les maitres d'ecole ; c'est notre breviaire. » Yaugelas disait de la langue francaise: « Toug ses magasins et tous ses tresors sont dans les ceuvres de ce grand homme. » Enfin Racine lui-m6me, dans un temps ou le vieux langage 6tait bien dedaigne : « Cet ouvrage a, dans le vieux style du traducteur, une grace que je ne crois pas pouvoir e"tre egalee dans notre langue moderne. » La traduction des Vies des hommes illustres de Plutarque a ete reimprimee plusieurs fois. Celle de Daphnis et Chlot a ete compl&tee par Courier en 1810 2 .

Page 1