‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 23 sur 212 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Et fault que cestuy-ld, qui scait que Ton lui ment impunSment, dise grand merci.

Charr. 229.

§ 43. De m^me que le latin ecce-hic donna ici y le pronom masculin eccille (celui-lS.) donna lo vieux fran- Qais icel, — le ftminin eccilla donna icelle (comme ilia a donne* elle), — le pluriel eccillos donna iceux (comme illos donna eux, et capiMos chevewac). — Icel, qui avait pour regime icelvA (form6 comme autrui de autre)! disparut au seizieme siecle. De m&me que id se r6duit k ci, — icelle, icelui, iceux se r6duisent k celle, celui, ceux. La forme icelle a persist^ n6anmoins dans quelques formules de procedure. (De ma cause et des faits renfermte en icelle, dit Racine dans les PlaU deurs.)

Toy, qui desires raccroissemept de ta langue et veux exceller en iceUe.

BbllaYj 182,

(Notre arm6e) ira ruer sus ee Grandgousier : par ycelle sera de prime abordee desconfist.

Rab. 129.

Au devant d'yceluy marcboient quatre eompagnies d'arquebusiers espagnols.

Brant. 197.

Je laisse a part ce que particulierement la n6cessit6 en apprend soudain a ceux qui en ont besoing : et les alphabets des doigts, et gram mai res en gestes : et les sciences qui ne s'expriment que par iceux.

Mont. 222.

§ 44. Pour celui-ci } celui-ld } voy. la remarque du § 42.

§ 45. II faut noter 6galement l'emploi du simple celui avec un relatif s6par6 (emploi que nous n'admettons guere aujourd'hui qu'avecles pronoms composes celui-ci 9 celui-la) :

Celuy n'est pas heureux gu'on monstre par la rue, Que le peuple cognoist, que le peuple salue.

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SlfiGLE. XXXI

Hz eurent tous si grande honte, qu'il n'y eut celuy d'eulx qui oiast ouvrir la boucbe pour parler contre luy.

Amyot, 167.

§ 46. De memo que les pronoms possessifs jouent dans certains cas le rdle d'adjectifs, icel et icest sont r6gulierement employes comme adjectifs d^monstratifs :

Cettuy vostre estre, que vous jouyssez.

Mont. 207.

Mesme icelle puissance nous doit conduire a reputer son eternity.

Caly. 114.

cries avoit gaigne" telle entrie de la Grece.

Amyot, 156,

Ainsi gaignereat telle taut renommee et glorieuse victoire.

Amyot, 161,

On appelle encore telle met qui regarde le septentrion, la mor Adriatique,

Amyot, 162.

II supplia ung scavant m6decin de celuy temps,

Bab. U8,

Ieeux propos tenus, faisoient souvent apporter les livres susdicts & table.

Rab. 119*

Et sera nomm£ eestuy destroitt la mer Picrocholine.

Rab. 129.

Section IV. Pronoms relatifs.

§ 47. Qui est ordinairement mis pour ce qui :

Nous nommons maintenant l'armet, habillement de teste, qui est tine vraye sottie de dire par trois paroles ce qu'une seule nous donnoit.

Pasq. 186.

Mais la plus forte vanite* de toutes, est ce soiu ptaibta to ^u\ *i* fera icy, apres qu'en serous partis*

CakTOuWW

XXin INTRODUCTION.

§ 48. II remplace frSquemment le sujet du yerbe, que ce sujet soit un pronom ddmonstratif comme dans :

Ces fleurs epanies ;

% Qui ne les eust a ce vespre cueillies, p Gheutes a terre elles fussent domain.

Rons. 23.

Ou que le sujet soit un pronom personnel, comme dans cet exemple de d'Aubign6 oh. qui est pour moi qui:

Comment pourrai-je faire une paiz avec toi, Qui ne puis seulement faire treve auz offenses ?

Aub. 89.

§ 49. Qui est souvent 6lid6 devant une voyelle :

Et qui voulez-vous, gouverneurs et capitaines, qru'ose dire qu'il a peur, vous voyans resolus en ceste sorte.

Montl. 149.

§ 50. On trouve que k la place de qui : « Les advocas que sont ici. » (Rabelais.)

II n'y avoit spectateur de si bon coeur, que ne pallist et ne pleurast d'une si triste pompe funebre.

Brant. 197.

§ 51. De mfone que qui est employ^ pour ce qui 9 que l'est pour ce que :

Les bourgeois leur demandoient que c'estoit.

Cayet, 178.

Get emploi de que a laiss6 quelques traces dans les 6crivains du dix-septieme siecle :

Le roi ne sait que c'est d'honorer & demi.

Corneille, Horace, IV, 2

et Racine dans les Plaideurs (II, 7) :

Je ne sais qu' est devenu son fils.

Enfin, que remplace dcms lequel, ou, dans un certain sombre de cas :

Qui voudroit dire que la langue grecque ^W^Tom^A^^^w^^x^^

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SlfiGLE. XXXIII

jours este en l'excellence gu'on les a veues du temps d'Homere et do Demosthene, do Virgile et de Ciceron.

Bbllay, 180.

§ 52. L'usage de quoi est aujourd'hui beaucoup plus restraint rn^il ne 1'6 tait au seizieme siecle : notre ancienne langue employait quoi a la place de cela, — et elle disait de meme pourquoi pour a cause de eela, pour cela, c' est pourquoi:

Quoy voyant Themistocles, estant fort marri que les Grecs s'escartassent ainsi les uns des autres.

Amyot, 159.

Beaucoup de parties egarees par le long cours des siecles ne se peuvent troaver cTaulcun. Par quoy venant a reedifier ceste fabrique, tou9 set ez bien loin de luy restituer sa premiere grandeur.

Bellay, 183.

§ 53 « De meme Pancienne langue employait de quoi pOur dont :

Le renard, dequoy se servent les habitants de la Thrace.

Mont. 218.

En l'amitig de quoy je parle, elles se meslent et confondent Tune et l'aultre.

Mont. 214.

A la mode de quoy nous sommes instructs, il ir*est pas merveiile, si ny les escoliers, ny les maistres n'en deviennent pas plus habiles.

Mont. 209.

§ 54. On le trouve m£me au sens de parce que (littoral, de ce que) :

Trajan estoit censure par ses confidents, de quoi il rendoit, a leur advis, la majeste imperiale trop accostable.

St Fhjlnqois de Sales, 247.

§ 55. Dont est employ^ tantdt pour ce dont, tantdt pour a cause de quoi :

Voila, mon cher Morel [dont je rougis de honte), Tout le bien qu'en trois ans a Rome j'ay appris.

Bellay, 50.

Le comte d'Aremberg avoit este tue a une deffatete ^x \* ttft&N*

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