‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 25 sur 212 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

II fonda quelques cas practiques concernans Testat humain, les* quels ils estendoient aukunes fois jusques deux oa trois heures.

Rab. 119.

J*ay remarque plusieurs belles paroles ancienne^ dont les aucunet

sont du tout perdQes.

Pasq. 185.

§ 59 bis. Meme, que nous plagons aujourdliui apres le substantif [c'est la bonti meme) pour marquer le plus haut degr6 et pour ainsi dire la personnification do l'id6e exprim6e par le substantif, se mettait, dans ce sens, avant le substantif : lis estoient povres comme la mesme povreU (Pasquier).

Les ambitieui admirateurs des langues grecque et latine, qui ne pensent, et fussent-ils la mesme Pithd, deesse de persuasion, pouYoir rien dire de s bon, si n'estoit en langage estranger.

Bellat, 181.

Levons les yeuz vers le ciel , ou bien pour nostre bonneur, on pour Pamour de la meeme vertu, a Dieu tout-puissant.

Boet. 194.

Bs ne Pont cultive> i saffisance, ains comme une plante saimge, en eekry mesme desert, ou elle avoit commence a naitre.

Bellat, 180.

Eux respondoient qu'ils estoient assurez, s'ils n'avoient recours a la defense, qu'on les traiteroit de la mesme facon de plusieurs autres de la religion.

La Node, 202.

Et ce tour est encore frequent an dix-septieme siecle. Gorneille et Moliere en pr6sentent plus d'un exemple :

Ce que vous m'ordonnez est la mime justice. Ment.

Sais-tu que ce vieillard fut la mime vertu?

La vaillance et l'honneur de son temps, le sais-tu ? Cid*

Et la mime iquitt m'ordonna la douceur. lb.

Avoir ainsi traite Et la mime innocence et la mime bontt. Sgan.

§ 60. Avec la phepart employ^ comme sujet, le verba premit toujoursle singulier [laplupart cria....). — Cette

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI e SlfiCLE. XXXVII

locution conservait encore au seizi&me siecle son sens 6tymologi<jue, et s'employait au sens partitif :

Ce decret ayant este* authority par le peuple, la plutpari trantporta ses peres et meres vieux en la ville de Troezene.

Amyot, 157

Le roi approuva la pluspart de cei ayis.

Aub. 238.

Nos pedans vont pillotans la science dans les livres. Est-ce pas faire de mesme, ce que je fay en la plus part de cette composition ?

Mont. 209.

§ 61. Un est d 'ordinaire employ 6 au sens de quelqu'un :

J'entr'ouy le bruit

D'un qui frapoit a ma porte.

§ 62. Un est fr6quemment sous-entendu : on trouve seul pour un seul, autre pour un autre, etc... :

Puis m'ont monstre" ung parchemin escript, Ou il n'avoit seul mot de Jesu Christ.

Marot, 11

§ 63. Certain 7 que nous pla^ons (au sens d'assur6) aprfes le substantif [un malheur certain), avait ce sens au seizieme siecle quand il pr6c6dait le substantif :

.... Parmy les esprits bien hen rem, ouissant D'un plaisir immortel, loue Dicu tou puissant : Et s'ebatant, la sus, d'une cerlaine vie, Au vivre d'icy bas ne porte pas envie.

BaIf, 65.

II y a une persuasion enracinee au cueur de plusieurs par un cer tain malheur et par l'iniquite des temps, que nous sommes gens turbulents.

Bezb, 135.

§ 64. Chacun 6tait a la fois adjectif et pronom, et, comme adjectif, se pla^ait immSdiatement avant le nom :

De chacun coste on ae pourroit amener qua cent gentils-hommes avec armes et lances. v

XXXVJI1 INTRODUCTION.

Themistocies se seryit pour presage celeste de l'occasion du dragon de Minerve, qui ne comparut point, comme il avoit accoustume, an temple, et trouvoient les prebstrcs les oblations que Ton luyportoit par cliascun jour toutes entieres.

Amyot, 157.

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