‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 26 sur 212 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

YERBE.

Section I. Conjugaison.

§ 65. Conform&nent a l'Gtymologio, nos verbes n'avaicnt pas de s a la premiere pcrsonnc du singulier, parco que cctte personno n'avait jamais de s en latin ; on disait a Torigine do la languo j'aime (amo), je croi (credo), jeren (reddo). Plus tard, on assimila la premiere porsonne a la socondo (dont s 6tait la lcttro caract6ristique) ot on eut jo crois, jo lis, etc.; mais le seiziemc sieclo respectait dans bicn des cas la regie de l'ancicn fran^ais ct disait encore :

i'apprcn (Rons. 47), pren (Rons. 21), prdten (Galv. 116), croy (R6gn. 103), doy (Pass. 79), dy (Rons. 45), envoioy (Marot, 12), escry (R6gn. 103), oy (Desp. 87), regoy (Jod. 70 ) , sen (R6gn. 103), lien (Jod. 70), vay (R6gn. 104), voy (Pass. 79), vy (Marot, 14; Rons. 36).

§ 66. A Porigine de notre languo, le fran$ais distinguait les voyelles latines Ijreves, quand el les sont accent tudes (comme £ par exemple dans v&nio 7 t&neo), — des m&mes voyelles quand ellcs sont inacccntu6cs (comme e dans v&nire tSn&re), — par le proc6d6 suiyant : il transformait ordinairement la voyelle accentude en unc dJphthonguo [e latin par exemple devenait ie) % d'ou : je

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DTJ XVI* SlfiCLE. XXXIX

vtens (venio), je tiens (teneo), tandis qu'il gardait cet e intact quand la voyelle n^tait pas accentu^e, d'ou venir (venire), tenir (tenerc), etc.... Cette manifcre de distinguer la voyelle acccntu6c dcs voyelles non accentuges ctait tres-commodc pour s6parer les difftrentes formes de la conjugaison : de m&mo qu'il disait je viens et v e nir, je tiens ct tenir, lo fran$ais disait jo plettre (de pldro) et plorcr (de pi o rare), je treuve (trdbo*) et trouver (trobdrc*), je demeure (demdro) et demourer (demordre*). A mesurc que s'affaiblit le sentiment de la langue latino, et qu'on pcrdit de vuo la raison d'etre de ces differences, lcpcuple scntit le besoin de require ces deux formes a une sculo, co qu'il fit tout a fait au hasard, en prenant pour modelo tantdt l'indicatif (d'ou pleurer, demcurer, rcfaits sur je plewre, je demewro), tantdt l'infinitif (d'ou jo trowve refait sur trouver). On rencontre encore au seizieme siecle quclques-unes des formes ancienncs : je treuve est dans Montaigne (248), — demourer dans Marot, 14, — demourant, demourerent dans Amyot, 157, 162.

§ 67. On trouve encore au parfait les formes ex pour t; veistds (vitcs), feistes (fltes), etc., qui avaient trois syllabes au moyen age (venant de viiistis, fecistis) ; ces formes qu'on prononcait a Porigine v&istes, fdistes, no comptaient deja plus que pour deux syllabes au seizieme sieclo, comme aujourd'hui :

Et aux escritz dont lecture vous feistes, Vostre bcl ceil, a parler par raison, Me veil trop mieuli qu'a l'heure que me veistes.

Marot, 9.

S 68. A la 3* personne du pluriel du passe* dSfini, on >ouve quelques formes en went (au Ueu de drent) : conquest&rent (Rabelais, 130), arrivarent (]UL. ib % \,qp\ sont dues k une influence dialectale. ^CfcX a/rent **X >arck

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