XL INTRODUCTION
debris de l'ancienne conjugaison du dialecte bourguignon qui disait au parfait donnarent, trouv arent, etc..) .
§ 69. A cette meme personne, les verbes venir, tenir, soutenir, etc., ont conserv6 le d intercalate du moyen ftge : on trouve prindrent (Montluc, 152),' soustindrent (Amyot, 160), vindrent (Marot, 11, — Amyot, 172), pour prirent, soutinrent, vinrent. Cette intercalation d'un d euphonique est aussi r6guliere dans vinirent venant de venerunt, que dans cenrfre de cinerem, pond re de ponere, gendre de gener, tenrfre de tener, moindre de minor, engendrer de ingenerare, vendredide Veneris dies, Port-Vend res de Portus Veneris....
§ 70. A Pimparfait du subjonctif de la l re conjugaison, on trouve au seizieme siecle les deux premieres personnes du pluriel Archies en i au lieu de a. On disait non aimassions, trouvassiez, mais amissions, trouvissiez :
Robert Estienne, dans sdn Trait6 de la Grammaire frarigoyse (1557), conjugue ainsi ce temps: aimasse, aimasses, aimast, amissions, aimissiez, aimassent, et Jean Pillot, dans sa Gramrvmaire, dit de meme : « Ala « premiere et a la seconde personne du pluriel dites ai- « missions, aimissiez; louissions, louissiez, etc., et non « aimassions, aimassiez, etc. J'ay quelquefois trouve « dans mes lectures, ajoute-t-il, estimassiez, aimassiez « et autres semblables, et c'est ainsi que les Poitevins, « entr'autres, 6crivent et prononcent toujours. »
§ 71. Le r final dans les infinitifs de la premiere conjugaison 6tait encore sonore comme on le voit par les rimes : les poetes du seizieme siecle faisaient rimer clair, hiver, mer, cher, avec les infinitifs aimer } trouver, estimer, cher cher, etc... :
Si je ne puis au printemps arriver Je suis taille de mourir en yver,
GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI* SlfeCLE. XL1
fit en danger, §i en yver je meun,
De ne veoir pas les premiers raisins meurs.
Marot, 14.
Gring 4.
He^as, vray Dieal que peult on es timer, Sinon que c'est une tres grande mer.
Ce mois
Qui prend le surnom de celle Qui, de l'escumeuse mer,
Veit germer Sa naissance matemelle.
Beixeau, 60*
Les oyseauz estourdis, les entendans Hurler, Quitterent aussi tost les campagnes de Vxr.
Belleau, 57.
Que dans Pair les oyseauz, les poissons en la mer, Se pleignent doucement du mal qui vient d'aymer.
Regn. 104.
Le del est serein et eler 9 La nef jusqu'aux Indes passe; Un bon vent la fait voler.
BaIf, «4
Et au dix-septi&me sifecle, on trouve encore dans Moliere :
Dontces deux combattans s'efforgoient d'arracher Le peu que sur leurs os les ans laissent de chair.
Et dans Racine :
Sur les pas d'un bannl craignez-vous de marcher? — Helas, qu'un tel exil, Seigneur, me seroit cher*
$ 72. Pour le detail des formes de la conjugaison, voy. dans le Lexique le tableau des difRrents temps des verbes cheoir, cognoi&tre, croistre, debvoir } donner } garder, prendre, owir, etc....
§ 73. Sous l'influence de la langue italienne, tres a la mode a la cpur des Yalois, (pielques 6cmain& ot\X &\\ je
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