XC INTRODUCTION
(Mornay, 232), oultraiges (Gring., 4), oultrance (Gring., 4), oultre (Rab., 129), oultrepassent (Hosp., 154), pouldre (Gring., 5), pouts (Mont., 218), pouted (Galv., 117), poulserent (Amyot, 164), sault (Marot, 14), saulter (Rab., 126), soul (Marot, 13), souldan (Rab., 129), souldars (Rab., 127), vauldrait (Galv., 116), vault (Gring., 3), vaultrer (Sales, 248), veult (Gring., 4), veulx (Marot, 9), vieulx (Gring., 3), voulsissent (Marot, 12). Getto mauvaise orthographe disparut a la fin du dix-septidme siecle, mais elle a laiss6 une trace dans pouls (de pulsus), qui devrait btrepous, comme auUre est devenu autre,
§ 163. De mfeme I qui devient r en frangais aprfes t dans 4pistre (epistola), litre (titulum), etc., rSapparatt comme lettre muette : on trouve tiltre dans la plupart des 6crivains du seiziemc siecle. (Yoy. p. 244, etc.)
§ 164. Gette intercalation de I a m6me eu lieu pour des mots qui en latin ne poss6daient point cette lettre : ainsi de pent (potest) on a fait peult dont le I n'est aucunement justifi6 par l'dtymologie. Peult a sans doute 6t6 refait a limitation de veult y au moyen age veut (vult). L'orthographe peult est fr6quente : voy. dans ce recueil, Gringoire, 4, — Montaigne, 214, 215, etc.
§ 165. L simple a 6t6 redouble de mdme par imitation du latin : le vieux fran$ais estoile (latin Stella) a 6t6 refait en estoille; ct par analogie on a change I en 11 dans fidile, parole, etc., mots pour lesquels ce changement n'avait aucune raison d'Gtre : challant (Rab*, 126), escoUe (R6g., 110), estoilles (Rons., 45), fidelles (Desp., 87), palle (Rons., 43), parolle (Aub., 234), roullans (Belleau, 58), vallet (Marot, 13), veullent (Mornay, 232), volkr (Vauq., 78).
§166. A l'inverse, des mots quiont aujourd'hui U se trouvent encore au seizieme siecle avec le I simple qu'ils
ORTHOGRAPflE, PRONONClATlON, ETC. XCi
poss6daient au moyen age : malic, salle, par exemple, sont : male (Pass., 80), sale (Amyot, 168).
§ 167. M latin appuy6 sur une consonne s'6tait chang6 en n k l'origine du fran$ais : songe (somnium), ran$on (redemptionem), conter (computare). On trouve au seiziemc siecle cet n remplac6 par m dans compte (Marot, 13), compte (Desp6r., 133), compte (Amyot, 158). ComptUare (qui du sens de compter passa dans la basse latinit6 k celui d'6num6rer, puis de faire un r6cit) donna le vieux fran$ais conter qui signifiait au onzieme siecle compter et raconter. Plus tard les latinistes refont le mot en compter pour le rapprocher de computare. Les deux formes compter et conter sont alors employees concurremment avec le m&me sens (voy. au Lexique des examples de conter au sens de compter , et de compter au sens de raconter). Le dix-septifeme si&cle garda par exception les deux formes, mais en attribuant k chacune d'clles un sens different.
§ 168. A la fin des mots, les groupes latins gn et ng perdent le g ; k Torigine de la langue gn final devint n : loin (lon^e), b&nin (beni^nus), malin (maligwus), et dt mftme poing, seing, itang Itaient en vieux frangais poit (pu^nus), sein (si^num), estan (sta^num). Vers lo quinzifcme siecle, les latinistes r6tablirent dans l'orthograpbe ce g disparu, et cette lettro morte reparut d'a- Lord dans les mots qui l'avaient en latin (tels que desseing), puis cette orthographe fut foendue a tous les mots terminus par n simple, et finit par &tre prise pour un simple signe destind a exprimer le n nasal (d'ou l'ortho-