PIERRE GRINGOIRE
Des vents tresfroitz; et encor, sans remide Couchent sou vent dessus la terre humide A descouvcrt ; s'ilz ont aucun repos, N'est sans avoir le harnois sur le do3, Endurant fin, soif, chault, froit et la pouldre, La pluye et neige, aussi, cruelle fouldre, Les membres matz et les corps cngclez, Aucunesfoya pendus et flagellez Par gouverneurs ou par leurs capitaines, Ou lieutenants ; brief sur toutes les peincs, Subjections qu'nommes sacbent avoir, Impossible est si detestable en veoir Qu'est servitude aux gens d'armes qui suy vent Le train de guerre, et Tung a l'autre estrivcnt. Gar aussi tost qu'a l'arme on oyt sonner* Ou qu'on fait signe aulcun assault donner, On est contraint que soubdaln on s'expose A souffrir mort; ou fault qu'on se dispose Tuer aultry, voire cruellement, Ou que Ton solt tresmiserablement.