‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 70 sur 212 · LA MALADIB DU ROI · texte numérisé non relu

LA MALADIB DU ROI

Dieu, qui les vostres aimez, J'adresse a vous seul ma complainte; Vous, qui les amis estimez,

Voyez l'amour que j'ay sans feinte, Ou par votre loi suys contrainte, Et par nature, et par raison.

J'appelle chaque SaincJ et Saincte Pour se joindre a mon oraison.

Las ! celuy que vous aimez tant Est detenu par maladie, Qui rend son peuple'malcontent Et moi envei s vous si hardie Que j'obtiendray, quoi que Ton die, Pour luy tres-parfaite sante\ De vous seul ce bicn je mendie Pour rendre cbacun contente.

Le desir du bien que j 'attends Me donne de travail matiere*.

Une heure me dure cent ans, Et me semble que ma litiere Ne bouge ou retourne en arricre, Tant j'ay de m'avancer desir !

1 qu'elle est longue la carricre Ou i la fin gist mon plaisir I

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