‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 83 sur 212 · A CASSANDRE · texte numérisé non relu

A CASSANDRE

Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait desclose Sa robe de pourpre au soleil A point perdu cette vesprce Les plis de sa robe pourpree, Et son teint au vostre pareil.

Las I voyez comme en peu d'espaco, Mignonne, elle a dessus la place, Las 1 las ! ses beautez laisse cheoir !

vrayment marastre Nature, Puis qu'une telle fleur ne dure Que du matin jusques au soir !

Done, si vous me croyez, mignonne, Tandis que vostre age fleuronne

En sa plus verte nouveaut6 , Cueillez, cueillez vostre jeunesse :

Comme a ceste fleur, la vieillesse Fera ternir vostre beauts.

A LA FONTAINE BELLERIE*.

fontaine Belleriel Belle deesse cherie De nos nymphes, quand ton eau Les cache au fond de ta source, Fuyantes le satyreau Qui les pourcbasse a la course Jusqu'au bord de ton ruisseau,

Tu es la nymphe eternelle De ma terre paternelle.

Pour ce, en ce pre verdelct, Voy ton po6te qui t'orne D'un petit cbevreau de la it, A qui Tune et l'autre corne Sortent du front nouvelet.

Tousjours l'este* je repose Pres ton onde, ou je compos , Cache sous tes saules vers, Je ne scay quoy qui ta gloii-o Envoira par l'univers, Commandant a la me moire Que tu vives par mes vers.

L'ardeur de la canicule Jamais tes rives ne brule, Tellement qu'en toutes pars Ton ombre est espaisse et drue Aux pasteurs venans des pares, Aux bocufslas de la charrue Et au beslial espars.

Io, tu seras sans cesse Des fontaines la prin cesse, Moy celebrant le conduit Du rocher perce qui darde Avec un enroue bruit L'eau de ta source j a zarde, Qui trcpillantc sc suil.

26 POSSIE.

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