HYMNE DE HENRI II
Le bucheron qui serre en sa main la coignee, Entre dedans un bois pour faire sa journee, Ne scait oil commencer : ici le tronc d'un pin Se pr6sente a l'ouvrier, la celuy d'un sapin ; Ici du coin de l'oeil marque le pied d'un chesi\ La celuy d'un fouteau, ici celuy d'un fresne. A la fin tout pensif, de toutes parts cherchant Lequel il coupera, tourne le fer trenchant
PIERRE DB RONSARD. kl
Sur le pied d'un ormeau et par terre le rue Pour en faire une nef ou faire une charrue.
Ainsi tenant es main le luth bien appreste, Entre dans ton palais, devant ta Majeste, Je do ate, tout pensif, quelle vertu premiere De mille que tu as sera mise en lumiere :
Tes vertus, tes grandeurs, ta justice et ta foy, Ta bont6, ta pitie d'un coup s'offrent a moy, Ta vaillance au combat, au conseil ta prudence ; Ainsi je reste pauvre, et le trop d'abondance D'un si riche sujet m'en garde de penser De toutes a laquelle il me faut commenccr. ...