‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 92 sur 212 · HYMNE DE BACCHUS · texte numérisé non relu

HYMNE DE BACCHUS

Tu montas sur un char que deux lynces farouches Trainoientd'un col felon, maschantes en leurs bouches Un frein d'or escumeux; leur regard estoit feu, Pareil aux yeux de ceux qui de nuict ont trop beu; Un manteau tyrien s'6couloit sur tes hanches, Un chapelet de lis meslez de roses franches Et de fueilles de vigne et de lierre espars, Voltigeant, ombrageoit ton chef de toutes pars. Devant ton char pompeux marc hoi ent l'lre et la Crainio, Les peu sobres Propos et la Colere teinte D'un vermilion flambant, le Vice et la Vcrtu, Le Somme et le Discord d'un corselet vestu.

Son asne talonnoit le bon vieillard SUene* Portant le van mystiq sur une lance pleine De pampre, et publioit d'une tremblante voix De son jeune enfan^on les festes et Its loix.

A son cri sauteloient le troupeau des Menades^ Des Pans et des Sylvains, des Lenes, des Thyades, Et menans un grand bruit de cors et de tabours, Faisoient trembler d'effroy les villes et les bourgs Par ou le char passoit. Leurs tresses secouees A l'abandon du vent erroient entre-nouees De longs serpens privez et leur main brandissoit Un dard qu'un sep de vigne a l'entour tapissoit.

Que tu prenois, Bacchus, en ton coeur de liesse De voir sauter de nuit une hurlante presse,

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Qui couverte de peaux sous les antres balloient, Quand les trois ans passez tes festes appelloient ? Et quel plaisir de voir les vierges Lydiennes, Ou celles de Phrygie ou les M6oniennes Par les prez Asians*carollant a Pentour Du bord meandrien contre-imiter son tour?

Elles en ton honneur d'une boucle azuree Graffbient sur les genoux leur cotte figuree, Et trepignant en rond, ainsi que petits fans, En ballant sauteloient....

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