PRONOM
I. Pronoms personnels. — L'oubli de loute distinction entre le sujet et le régime s'étendant du substantif et de l'adjectif au pronom, je ei moi sont indifféremment employés comme sujet.
Le seizième siècle plaçait moi, toi, soi, comme régimes directs et indirects avant le verbe, tandis que la langue moderne réserve les pronoms me, te, se pour marquer le régime placé avant le verbe, et les pronoms moi, toi,
1 Voir notre étude sur Jean-Antoine de Baif, p. IJl.
DE LA LANGUE DU XVl" SIÈCLE. XV
soi pour le régime placé après : « soy jecter en rues, so>/ retirer » (Rab.),
Le pronom personnel sujet se supprimait fréquemment à toutes les personnes des deux nombres.
Le pronom personnel indéfini on (qu'il est mieux d'appeler substantif abstrait) se plaçait après le verbe bien plus souvent qu'aujourd'hui : « Et les fait on souvent mourir de honte » (Gueroult). — « 11 (le verger) descouvroit toute la campagne, et en pouvoit on veoir les trouppeaux » (Amyot).
LepronomimpersonneUVestgénéralementsupprimé; cet usage s'est conservé jusqu'à maintenant dans la locution : Tant y a, tant s'en faut.
IL Pronoms possessifs. — Mien, tien, sien, à la fois pronoms et adjectifs possessifs, pouvaient être placés entre l'article et le nom de l'objet possédé : « le mien mouton» (Rab.), « en une sienne terre » (Amyot), et avec les pronoms démonstratifs : « ce riiien bastiment, ceste yxosh'e allégresse « (Mont.). — Ma, ta, sa s'élidaient souvent devant une voyelle, et l'on disait s'amie, m amour, comme son amie, mon autow.
IlL Pronoms démonstratifs. — Le seizième siècle avait plusieurs pronoms démonstratifs que la langue n'a pas gardés : icel, iceux, icelle, cellay, celuy, icelluy, yceluy,ïcest, cestuy ci, cestiiy là, ceste, ceste cy, cel, celle.
Icel, iceluy, icest, celle, s'employaient souvent comme adjectifs démonstratifs.