‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 17 sur 91 · XVIII GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

XVIII GRAMMAIRE

La seconde personne singulière de l'impératif des trois dernières conjugaisons ne prend souvent pas d's : vien, voy, fay.

Les deux premières personnes plurielles de l'imparfait du subjonctif de la première conjugaison sont souvent en issions, issiez^ au lieu de assiot7s, assiez : aimissions, aimissiez, t7'ouviss{ons, trouvissiez, loinssions, louhsiez.

Les finales caractéristiques des temps et des personnes n'avaient rien de fixe et s'écrivaient souvent de diverses manières dans la même page : yaimoy, j'oimoye, et yaùnoys ; ie pou7'?'oy, je pourroie, je pourroye et ]Q pourrais.

n. Quelques verbes aujourd'hui défectueux avaient alors tous les temps et toutes les personnes, par exemple : épardre, dont il ne reste aujourd'hui que le participe épars.

K Le bergicr et les troupeaux espard. »

(M. DE Saint-Gelais.) « Et son regard il espard. » (Id.)

in. II y a des différences notables quant à l'emploi des formes actives, neutre et réfléchie, entre la langue du seizième siècle et la langue actuelle.

Certains verbes qui sont toujours neutres s'employaient quelquefois comme actifs : ramer la bai'que argienne (Rons.), la faire avancer à force de rames ; apprendre quelqu'im, apprendre à quelqu'un : « Qui apprendroit\es,homme5 à mourir leur apprendroit à vivre. » (Montaigne.) Pompée « milanois Vuvoit appris à danser et faire des armes » (Brantôme). On disait encore gaudir quelqu'un, se gaudir, se moquer de lui ; conseiller quelqu'un de, entrer un lieu, jouir quelque chose, ressembler quelqu'un, survivre quelqu'un, ttser mille caresses^ user une grâce.

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