DE LA LANGUE DU XVI" SIECLE. XXXI
on supprimait Vs dans l'écriture et on mettait ?*etieindre pour restreindre, e^iiver pour estriver. Pour la douceur de la prononciation on supprimait aussi quelquefois une s dans le corps du mot : on disait, par exemple, confiquer, confiquier pour confisquer.
Le seizième siècle emploie très souvent Ys pour marquer l'allongement de la voyelle : aide, pasle, etc.
Dans l'ancienne langue le préfixe ex était généralement remplacé par es : on écrivait exploit, estinclion, escuser, espert, espier, exquis, estraire, et non pas exploit, extinction, excuser, expert, expier, exquis, extraire. Le quinzième et le seizième siècle remplacèrent le préfixe es par ex dans tous les mots, excepté dans essaim, essai, essouffler, essuyer oti le radical commence par une s. Mais malgré ce changement d'orthographe, l'ancien usage de prononcer es au lieu de ex persista longtemps. Ce n'est que vers la fin du dix-septième siècle que la prononciation du préfixe ex suivi d'une consonne cessa de différer de l'orthographe.
Bans ]s. Grammaire française d'Antoine Oudin, édition de 1648, on lit ^ :
« X se prononce comme s simple en ces mots : excuser, expliquer, excommunier, exquis, excréments et leurs descendants ; lisez: escuser, espliquer, escommunier, etc. » Un ancien auteur, qui indique exactement laprononcia tion de la cour de Louis XIV, Lartigaut, dans son ouvrage intitulé : Les principes infaillibles et les règles assurées de la juste prononciation de notre langue (Paris, 1670), dit qu'il y a de certains mots où l'usage a fait changer Vx en s seule, pour aider à la prononciation, comme escuzer, inesplicab/e, à V esclusion , etc., au lieu à.' excuser, inexplicable, à V exclusion. Le peuple a conservé l'habi-
1 Page 36 de l'édition de Douai.