‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 38 sur 91 · XXXII GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

XXXII GRAMMAIRE

tude de prononcer es pour ea^;il dit encore : esplication, estinction, eslase, estra, estraordinaire.

Notre X final est souvent remplacé par s au seizième siècle comme au moyen âge : ans, aux; beaus, beaux; chois, choix; pris, prix; vois, voix.

SS correspond à notre c doux dans enù^elasser, faisseaUj menasse, menasser, nourrisse.

S remplace quelquefois c ; sep, cep; simier, cimier; et réciproquement c remplace s .• garson, garçon; perser, percer; tanser, tancer.

L est souvent redoublée par imitation du latin, logiquement dans des mots comme estoûle, et sans aucun motif dans des mots comme escolle, fidelle, parolle.

Le son du g dur est exprimé par gu dans briguand, desguainer, guaige, guaigner, guarder, guarir, guai-aison.

Dans les mots formés de mots latins qui ont à la fin ng ou gn précédant la finale, le vieux français avait rejeté^: loin, de longé ; bénin, de benignus ; malin, de malignus' poin, de pugnus, sein, de signum' estan, de stagnum. Les latinistes rétablissent le ^ partout et écrivent loing, beriing, maling, poing, seing, esiang. Ils mettent ce g même à la fin des mots terminés en latin par n simple, et ils écrivent : ung, aulcung, besoing, chascung, coing, moings, tesmomg.

Là où le vieux français disait conoistre, de cognoscere, assener, à'assignare, dessiner, de designare, laissant tomber le g médial, les latinistes rétablissent ce g et écrivent cognoisire, assigner, dessigner. Quelquefois ils emploient en même temps une double n et un g : recongnoissance (Rabelais).

Le seizième siècle aime à écrire on pour o dans le corps des mots : charongne pour charogne ; rongne pour rogne ' rongner pour rogner; trongne pour trogne.

Il met aussi in pour i dans prins, pour pris; apprins,

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