‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 57 sur 91 · VAUQUELIN DE LA FRESNAYE · texte numérisé non relu

VAUQUELIN DE LA FRESNAYE

Ce poète, longtemps méconnu, et aujourd'hui justement apprécié comme un précurseur de Segrais, de Racan, de Boiloau, naquit en Normandie, dans la terre de la Fresnaye-Sauvage. Il aima toujours vivre dans ces sites champêtres, et il y puisa le goût bucolique qui devait le rendre célèbre.

Amené très jeune h Paris par sa mère, restée veuve quand il avait à peine neuf ans, il étudia avec ardeur, dans les savants collèges de cette époque passionnée d'érudition, les littératures grecque et latine, puis les langues italienne et espagnole. De 1549 à 1554 il suivit les leçons de Buquet, de Turnèbe ou de Tournebu, de Marc-Antoine de Muret.

La lecture des ouvrages de Ronsard, de Baif. de du Bellay lui inspira un goût ardent pour les lettres et la poésie. A l'âge de dixhuit ans, il en alla étudier les règles à Angers, h l'école du jurisconsulte et soldat-poète Jacques Tahureau. Deux de ses amis, dont l'un était le futur poète dramatique Ch. Toustain, l'avaient accompagné sur les bords de la Maine. Il se rendit ensuite h Poitiers, où il se lia d'amitié avec le poète laiin et français Scévole de Sainte- Marthe. Ce fut là qu'il rêva ses premiers succès littéraires. Déjà, dans le silence, il avait beaucoup écrit. Impatient de gloire,

« ... Ayant encor sans coton le visage,

Il mit au jour les vers de son apprentissage. »

Découragé du peu de succès qu'obtint sa première publication, Vauquelin abandonna l'étude de la poésie pour celle de la jurisprudence, et se rendit à Bourges pour y profiter des leçons du célèbre professeur de droit romain, François Duaren, devint bientôt avocat du roi au bailliage deCaen, et se maria, à l'âge de vingt-quatre ans, avec une noble jeune personne pour laquelle depuis longtemps il éprouvait un amour qui devait lui inspirer des vers très naturels et très louchants. Dès lors la muse va un peu sommeiller, et Vauquelin se donnera presque tout entier aux graves occupations du jurisconsulte, et plus tard du magistrat et du soldat. Cependant en aucun temps la poésie ne sera complètement oubliée, et quand il se décidera h faire paraître les fruits de ses loisirs, il pourra se présenter devant le public avec une œuvre capable de lui assurer une belle place parmi les poètes de son temps.

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