‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 105 sur 249 · SCÈNE Î)U DRAME DE FIESCO · texte numérisé non relu

SCÈNE Î)U DRAME DE FIESCO

Fiesco; le Maure (il entre timidement et regarde avec soin autour de lui).

Fiesco (il l'observe longtemps et d'un œil pénétrant). Que veux-tu et qui es-tu ?

Le Maure. Un esclave de la république.

Fiesco. L’esclavage est un misérable métier (l’œil toujours fixé sur lui). Que cherches-tu? • ' , .

Le Maure. Seigneur, je suis un honnête homme.

Fiesco. Suspends toujours oette enseigne devant ta figure. Ce ne sera pas de trop. — Mais que cherches-tu?

Le Maure (il cherche à se rapprocher de lui ; Fiesco s’éloigne). Seigneur, je ne suis pas un scélérat.

Fiesco. Il est bon que tu ajoutes cela, et cependant.... d’un autre côté, ça ne dénote rien de bon. (Avec impatience) Enfin, que cherches-tu?

Le Maure (s'approchant de nouveau). Êtes-vous le comte de Lavagna?

Fiesco ( avec fierté). Les aveugles de Gênes reconnaissent mon pas.... Qu’as-tu affaire avec le comte?

Le Maure. Soyez sur vos gardes, Lavagna (il s'avance tout près de lui).

Fiesco (il se retire vivement de l’autre côté). J’v suis en vérité.

Le Maure (avec le même jeu de scène que précédemment). On n’a pas de bonnes intentions à votre égard, Lavagna.

Fiesco (il se relire de nouveau ). C’est ce que je vois.

Le Maure. Méfiez-vous des Doria.

Fiesco (s’approchant de lui avec confiance). Ami, t’aurais-je fait injure? Ce nom de Doria, je le crains, en effet.

Le Maure. Alors fuyez l’homme qui le porte. Savez-vous lire?

Fiesco. Singulière question ! Tu es allé chez plusieurs seigneurs. As-tu quelque écrit?

Le Maure. Votre nom parmi ceux de quelques condamnés à mort * [il lui présente un billet et se glisse tout près de lui. Fiesco s'approche d’un miroir et regarde par-dessus le papier. Le Maure tourne autour de lui en épiant l'occasion; enfin , il tire son poignard et veut le frapper).

Fiesco [il se retourne adroitement et saisit le bras du Maure). Doucement, canaille (il lui arrache le poignard)\

Le Maure ( frappant du pied avec fureur). Par le diable 1... je vous demande pardon (»'f veut s'échapper).

Fiesco (il le saisit et appelle à haute voix). Stefano! Drullol Antonio (tenant le Maure à la gorge)\ Reste, mon bon ami. Infernale scélératesse ( les domestiques arrivent )1 Tu as fait de mauvaise besogne. A qui dois-tu demander ton salaire?

Le Maure (après de vains efforts pour se dégager, d'un air résolu). On ne peut me pendre plus haut que la potence.

Fiesco. Non, console-toi ; on ne te pendra pas aux cornes de la lune, mais assez haut pour que le gibet te paraisse un cure-dent. Cependant ton choix était trop politique pour que je puisse l’attribuer à ton esprit naturel. Parle, qui t'a suborné?

Le Maure. Seigneur, vous pouvez me traiter de coquin ; mais je vous prie de ne pas me traiter de niais.

Fiesco. L’animal, a-t-il do la fierté! Parle, animal, qui t’a suborné ?

1e Maure (réfléchissant). Iluml... de cette façon, ce n’est

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