‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 106 sur 249 · I. Pauvres pécheurs (Gcrm · texte numérisé non relu

I. Pauvres pécheurs (Gcrm

pas mai seul qui serais dupe.... Et pour cent misérables sequins.... Qui m’a suborné?... Le prince Gianettino.

Fiesco (exaspéré et marchant de long en large). Cent sequins et rien de plus pour la tête de Fiesco t (Avec ironie) Rougis, prince royal de Gênes I (Il court a une cassette) Tiens, coquin, en voilà mille, et dis à ton maître.... qu’il est un chiche meurtrier.

(Le Maure le regarde de la tête aux pieds. )

Fiesco. Tu te consultes, coquin? (Le Maure prend l’argent, le pose sur la table, le reprend et regarde Fiesco avec une surprise toujours croissante). Que fais-tu, coquin?

Le Maure (il jette avec résolution l’argent sur la table). Seigneur.... cet argent, je ne l’ai pas gagné.

Fiesco. Stupide coquin! La potence, voilà ce que tu as gagné. Dans sa fureur, l’éléphant écrase l’homme, mais non le ver de terre. Je te ferais pendre, s’il devait m’en coûter plus de deux mots.

Le Maure (avec une joyeuse révérence). Monseigneur est trop bon.

Fiesco. Dieu m’en garde 1 Pas envers toi. Il me plaît de pouvoir à ma fantaisie conserver ou anéantir un coquin tel que toi, et voilà pourquoi tu es libre. Comprends-moi bien. Ta maladresse est pour moi le gage des hautes destinées auxquelles le ciel me réserve. Yoilà pourquoi je suis clément, et que tu es libre.

Schiller.

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