SCÈNE DES PROVINCIAUX ALLEMANDS
' (L’invitation.)
MmeStaar; bientôt après Marguerite, la servante.
Mme Staar. Ah , mon Dieu ! voilà que j’y songe maintenant , il faut bien prier aussi d’autres convives ; l’étranger ne peut cependant pas dîner seul avec nous. Mais qui invi-
ter? — Yoilà qu’ils sont tous partis! — Avec qui délibérer sur des affaires d’une si haute importance? — Marguerite 1 Marguerite (la servante vient )! cours donc bien vite chez Mme Brendel, ma cousine, intendante générale du flottage et de la pêche, et chez mon autre cousine, Mme Morgenroth 1 , caissière de l’octroi, et dis : Mme la sous-perceptrice des contributions présente ses très -humbles compliments à Mme l’intendante générale du flottage et de la pêche et à Mme la caissière de l’octroi. Si Mme l’intendante générale du flottage et de la pêche et Mme la caissière de l’octroi voulaient avoir la bonté de venir voir un instant Mme la sous-perceptrice des contributions , Mme la sous-perceptrice des contributions leur en serait très-reconnaissante, attendu qu’il est arrivé quelque chose de très-important* (la servante sort).
Mme Staar (seule). Maintenant il faut encore que je passe mon surtout à fleurs et que je mette un autre bonnet. — Mais le perruquier ! — Miséricorde de Dieu ! — il ne vient que les dimanches et jours de fête; — dans la semaine, il court le pays pour friser les perruques des pasteurs. — Que faire 3 ? Sabine pourrait bien 4 ,... mais les modes d’aujourd'hui sont si négligées, si ébouriffées.... Rien d’attifé, rien de graissé.... Ni pommade ni coup de peigne I — Aussi mon fils Nicolas ne pense à rien; s’il avait laissé ce grand seigneur se débattre encore * une couple d’heures dans la carrière, on aurait pu le recevoir avec la gravité convenable.
t . Aurore.
2. Ces épigrammes contre la manie des titres perdent presque tout leur sel en français.