SCÈNE XIII
. Mme Morgenroth ; les Précédents.
Mme MoRGENRorn. Très-humble servante, ma bien chère cousine! voyez un pou comme j’étouffe®. Je n’arrive cepen-
I . Les femmes font en Allemagne un usage immodéré du café ou plutôt de la tisane de café.
, 2. Pour l’amour (la volonté) de Dieu.
3. Le provincialisme frffoffUt est probablement la corruption du mot français échauffé.
dant pas trop tard ; j’étais encore en chemise , sauf votre respect', et je chantais mon cantique du matin en peignant mon carlin. Au troisième verset, votre servante so précipite dans la chambre. O mon Dieu! j’ai cru que le feu était à la maison. Je m’élance; le carlin tombe de dessus mes genoux, mon livre de cantiques dans le fourneau où je faisais chauffer mon café; le café se verse sur les charbons, et trois versets du cantique Éveille-toi mon cœur et chante ont été brûlés.
Mme Staar. Je déplore infiniment, très-honorée cousine.
Mme Morgenroth. Ce n’est pas la peine 1 . Je sais tout déjà. Deux ou trois princes gisent là-bas dans la carrière. L’un est mort, l’autre respire encore un peu, le cocher s'est rompu le cou, et les chevaux ont les quatre fers en l’air. J’ai rencontré dans la rue M. Balg, l’avocat du bailliage; il le tient de sa cuisinière, qui l’a appris de l’inspectrice de la loterie, à laquelle le barbier de son mari a tout raconté en détail.
Mme Staar. Là, là, ce n’est cependant pas si grave*. Il n’y a qu’un instant un paysan arrive de Rabendorf.
Mme Brendkl. Je sais, il a reçu un thaler * pour boire.
Mme Morgenroth. Mais non , ma chère , il paraît que c’était un louis d’or.
Mme Staar. Il avait couru de toutes ses forces.
Mme Brendel. On dit qu’il a gagné un point au côté.
Mme Morgenroth. Et un saignement de nez.
Mme Staar. Un grand personnage a brisé sa voiture.
Mme Brendf.l. Un comte.
Mme Morgenroth. Quelques princes.
Mme Staar. C’est ce que nous ne savons pas encore. Ce doit être un personnage de distinction ; car, vu le désir exprimé en haut lieu, il ne logo pas au Chal-d'Or, mais chez
r . Avec permission de parler.