Dangereux
». Un thaler en espèces, par opposition aitx billots do banque de mOmc râleur.
nous. Or, comme mon fils , qui est à la fois bourgmestre et doyen; représente en quelque sorte le premier personnage de la ville , vous comprenez bien , mes trèsrchères cousines, qu’il doit faire honneur à son rang.
Mme Brendel. Un banquet à l’hôtel de ville.
Mme Morgenroth. Un bal à la Société des Arquebusiers.
Mme Staar. C’est demain la grande fête , comme vous savez.
Mme Brbndel. Ah I oui , la femme qui vola cette vache, il y a neuf ans.
Mme Morgenroth. C’est demain qu’on la met au poteau; je m’en réjouis infiniment.
Mme Brendel. Je me suis fait faire, à cette occasion, un pardessus tout neuf.
Mme Staar. Du reste, on a déjà fait toute sorte de préparatifs pour cette solennité. Mais aujourd’hui , c’est sur nous seules que repose l’honneur de la ville; aujourd’hui, il faut que nous donnions un repas, et c'est ce que nous ferons avec l’aide de Dieu. Les tables plieront sous l’abondance des mets 1 . Mes très-honorées cousines sont invitées aussi.
Mme Brendel. C’est un grand honneur pour moi.
Mme Morgenroth. Je ne ferai faute.
Mme Staar. Mais comme je désire aussi faire connaître au seigneur étranger les notables de la ville, j’ai voulu avoir recours à vos bons conseils pour savoir qui je pourrais inviter encore.
Mme Brendel ( réfléchissant ). Mais je pense que..;.
Mme Morgenroth. Vous pourriez, par exemple...,
Mme Brendel. M. Kropf , commissaire de l’accise et des convois.
Mme Staar. Non, ma cousine; il a dernièrement donné à dîner pour le jour de naissance de sa mère et ne nous a pas invités.
i , La béncdicÜoD de Dieu.
Mme Brendel. Ah ! diable 1 1
Mme Morgenroth. Par exemple, M. Wittmann, secrétaire surnuméraire des finances.
Mme Brendel. Non, ma chère cousine , mon défunt mari a eu un procès avec son beau-frère au sujet d’une gouttière.
Mme Morgenroth. Ah 1 c’est différent.
Mme Staar. Ah! j’y pense, M. Hoibein, Vérificateur général du roulage.
Mme Morgenroth. Pour l’amour de Dieu, non, ma chère cousine. Il a une femme insoutenable 1 presque tous les dimanches une nouvelle robe. C’est un frou-frou quand elle passe devant les chaises à l’église....
Mme Brendel. Ça lève le nez si haut.
Mme Morgenroth. Et cependant on la connaît parfaitement
Mme Brendel. Oui, certes, on sait bien qu’elle portait un corsage gris et un tablier vert.
Mme Morgenroth. D’ailleurs, on fait courir toute sorte de bruits sur la manière dont elle se procure....
Mme Brendel. Non , j’aimerais mieux vous proposer M. Kunkel, percepteur des contributions du cercle' 2 des boissons, des portes et fenêtres, du quartier 3 , et receveur des laxes. '
Mme Staar. Ne me parlez pas de cet homme 4 , ma chère cousine , c’est un grossier ! Croyez-vous qu’il nous ait fait une visite en règle? L'impertinent! il nous a laissé une carte, une carte de visite. Il vaudrait encore mieux engager M. VVeidenbaum, juge des contraventions en matière de lloltage.
Mme Brendel. Oh ! non , ma chère cousine, pour l’amour du ciel, non. Vous savez bien que ce méchant' homme a
i . Ali ! ainsi !
. 2 . Impôt que payait chaque ccrclo de l’empire.