Et d’une libre poitrine
3. Cependant il apprit à prier aussi après des années, à ne pas passer par-dessus l’ordre, etc.
ressé, un homme plein d’orgueil et de morgue bourgeoise qui, pour la bonne chère, ne le cédait à aucun prince. II tenait table ouverte pour ses parents; c’étaient des beaux-frères, des cousins, des nièces, des tantes qui ne manquaient pas de le décrier en secret. Il prolongeait toujours ses repas jusqu’au milieu de la nuit et oubliait souvent de payer ses lettres de change.
A peine commençait-il, sur le matin, à goûter son premier sommeil, que le chanteur du voisinage venait troubler son repos. * Ventrebleu ‘ 1 recommences-tu déjà ton vacarme, maudit savonnier? Ahî si pour mon bonheur on vendait ici du sommeil comme on vend des huîtres ! »
Un matin, il fait venir le Chanteur qu’il avait entendu dès l’aurore et lui dit : « Mon joyeux maître Jean, comment cela vous va-t-il? les affaires marchent-elles 1 ? Chacun vante votre savon ; dites, combien vous rapporte-t-il par an ?
— Par an, monsieur? je serais en peine de dire à combien s’élèvent mes profits pendant une année. Ce n'est pas ainsi que je calcule ; ce que j’ai gagné la veille, je le dépense le lendemain. Si je sais compter, cela arrive trois cent soixante-cinq fois par an.
— Très-bien; mais ne pourriez-vous pas me dire ce que, d’ordinaire, vous gagnez par jour?
— Monsieur, vous m’en demandez bien long 3 ; c’est selon 4 5 ; tantôt plus, tantôt moins. La seule chose dont j’aie à me plaindre, c’est du grand nombre de jours de fête, et celui qui les a ainsi marqués de rouge ®, avait certainement eu comme vous un héritage ; et il avait grande répugnance pour le travail et n’était pas savonnier, j’en suis sûr.»