‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 118 sur 249 · LE VIEILLARD ET LA MORT · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD ET LA MORT

Théanor était assis à l’entrée de sa cellule, située sur une montagne, en face de Jérusalem. Il contemplait le jour à son déclin ', s’enveloppant du suaire lumineux de la pourpre du soir; il le voyait, appuyé sur le bras du temps, descendre d’un pas solennel le seuil grisâtre de l’horizon *.

« C’est ainsi que la vie de l’homme est emportée vers la mer tranquille de l’éternité. Mon printemps s’est enfui, mon hiver s’enfuira à son tour. Oh ! que n’ai-je déjà traversé tes sombres profondeurs*, tombe effrayante!» C’est ainsi qu’il soupire, et des larmes amères coulent sur son visage.

Elles coulaient encore, lorsque, semblable à la lueur blafarde de l’éclair, une auréole d’argent 4 l’environne, et du dôme de saphir, une voix lui crie : « Regarde dans la vallée! » U obéit. Dans un sombre sentier se traînait, appuyé sur son bâton, un vieillard tout courbé, lorsque soudain le monarque des épouvantes, sortant d’un nuage, se présente devant lui.

Le vieillard le reconnaît: « Je te salue mille et mille fois*, messager de l’immortalité 1 » C’est ainsi que le vieillard parle à la mort, et, s’inclinant, il baise la noire frange de son manteau.

— Comment, dit l'antique fils du péché, ne trembles-tu pas devant celui qui est si formidable pour tous les enfantsd’A-

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