A la clarté rosée
rochers, se précipite sur moi. Entraîné par la violence furieuse d'un double courant, je tournais avec la rapidité d’une toupie et no pouvais résister.
« Alors Dieu, que j’invoquai dans les horreurs de ce péril extrême, me montra une pointe de rocher qui s’élevait au fond du gouffre ; je la saisis rapidement et j’échappai à la mort ; et la coupe était là, suspendue à des branches de corail, qui l’empêchaient de tomber dans l’abîme sans fond.
« Car au-dessous de moi, et dans une sorte d’obscurité rougeâtre, s’étendaient encore d’immenses* profondeurs; et, quoique nul bruit n’arrivât à mon oreille dans l’éternel silence de l’ablme, mon œil voyait avec effroi des salamandres, des reptiles, des dragons qui s’agitaient dans les horreurs de ce gouffre infernal.
c Là fourmillait, dans un horrible pèle-méle, un amas dégoûtant, la raie épineuse, lo chien marin, l’esturgeon au hideux et formidable aspect, et l’effroyable requin, cette hyène des mers, me montrait ses dents menaçantes.
« Et j’étais là suspendu avec ce sentiment qui me remplissait d’effroi, d’être éloigné de tout secours humain, le seul êtFe sensible 1 2 3 * au milieu de ces fantômes, seul dans cet épouvantable solitude, à une profondeur où ne pouvait pénétrer la voix humaine, entouré par les monstrueux habitants de ce triste désert.
a Je frissonnais à cette pensée; lorsque je les vois se mouvoir, ramper vers moi par centaines 5 et ouvrir la gueule pour me dévorer ; tremblant, éperdu, j’abandonnai la branche de corail à laquelle je m’étais cramponné. Soudain le tourbillon furieux me saisit et m’entraîne. Ce fut mon salut; il me ramena à la surface de l’abîmo. »