‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 147 sur 249 · L’unique poitrine sentante · texte numérisé non relu

L’unique poitrine sentante

3. Cela rampa vers moi, remua cent articulations à la fois, etc.

Cc,/r indéterminé produit dans le texte un effet saisissant que la tra-

duction ne saurait rendre.

Le roi s’étonne fort et dit : « La coupe est à toi, et je te destine aussi cet anneau, orné des pierres précieuses les plus rares, si tu tentes l’aventure encore une fois et viens me raconter ce que tu auras vu au plus profond des mers. *

La jeune fille l’écoute avec une tendreémotion, et l’implorant d’une voix caressante : « Cessez, ô mon père ! ce jeu cruel ; pour vous plaire, ce jeune homme a fait ce que personne n’avait osé. Si vous ne pouvez dompter les désirs de votre coeur, c’est aux chevaliers à surpasser la hardiesse du jeune page *. »

Là-dessus, le roi saisit brusquement la coupe et la lance au milieu du gouffre. Si tu me rapportes encore une fois la coupe, je te regarderai comme le meilleur de mes cheval liera, et aujourd’hui même tu embrasseras comme ton épouse celle qui vient de prier pour toi avec une si tendre compassion.

A ces mots, une force surnaturelle domine le cœur du jeune page. Son regard courageux étincelle; il voit la belle princesse rougir, puis pâlir et tomber évanouie. Il brûle de conquérir une si précieuse récompense et se précipite dans les flots au péril de sa vie *.

On entend le mugissement de la vague engloutie par le tourbillon ; elle revient annoncée par un bruit de tonnerre. Penché sur le gouffre, on y plonge un regard inquiet 5 ; les flots succèdent aux flots, ils remontent pour redescendre encore; mais aucun d’eux ne ramène le jeune plongeur.

Schiller.

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