Qu’il envoie la voiï appelante
Alors il tombe à genoux sur la rive, et levant les mains vers Jupiter, il s’écrie en pleurant : Grand dieu! arrête lafureur des ondes. Les heures s’envolent, le soleil est déjà arrivé au milieu de sa course; si je n’ai pas atteint la ville avant son coucher, mon ami mourra à ma place.
Cependant la fureur du torrent se renouvelle et s'accroît sans cesse; les vagues poussent les vagues, les heures chassent les heures. Dans son angoisse, Méros prend un parti-désespéré*; il s'élance au milieu des flots mugissants, il les fend d’un bras nerveux, et un dieu prend pitié de lui.
Arrivé sur l’autre rive, il hâte le pas et rend grâces au dieu qui l’a sauvé, lorsque tout à coup une bande de brigands, ne respirant que le carnage, s’élance de l’endroit le plus obscur de la forêt; ils lui barrent le passage et arrêtent la rapidité de sa course en brandissant vers lui leurs massues.
« Que voulez-vous? leur dit-il, pâle d’effroi; je n’ai rien que ma vie, et il faut que je la donne au roi. * Soudain il arrache sa massue à celui qui est le plus près.— Au nom do mon ami, dit-il, ayez pitié! » Sous ses coups terribles, il abat trois de ces misérables. Les autres prennent la ' fuite.
Le soleil darde sur la terre ses rayons brûlants, et Méros, épuisé par tant de fatigues, sent ses genoux ployer sous lui. a O Jupiter! s’écrie-t-il, tu as daigné m’arracher à la main des brigands et à la fureur de l’onde, tu m’as fait aborder heureusement sur cette rive sainte *, et je succomberais ici dévoré par la soif, et mon ami périrait, mon ami qui m’aime si tendrement! »
Et voilà que tout à coup il entend près de lui un bruit clair et retentissant, pareil à celui de l’onde qui résonne sur