Il chanta : Compagne de ma voix , etc
3. Lors même que le chien des enl'crs se mettrait en colère, etc.
mon ami sur la terre. Orphée, tu descendis aux enfers qui t’avaient dérobé Eurydice, tes amours, et lorsque tu vis s’évanouir comme un songe l’épouse que tes chants avaient su conquérir, tu maudis la lumière du jour.
« Et moi aussi je descendrai sans trembler 1 ; les dieux me contemplent du haut de l’Olympe. O vous qui avez frappé lo poète sans défense, tremblez quand je disparaîtrai dans les flots 1 Néréides, sauvez celui qui implore de vous l’hospitalité I >
Il dit, et s’élance dans la mer profonde.
Aussitôt les vagues l’engloutissent, et les matelots, libres d’inquiétude, continuent leur voyage. Comme s’ils eussent été attirés par des paroles magiques, des dauphins avaient suivi le vaisseau ; avant que les flots aient étouffé Arion, un d’eux lui offre son dos et le porte avec précaution jusqu’au rivage.
a Adieu 1 que ne puis-je te récompenser, aimable et fidèle dauphin ! Mais tu ne peux vivre que dans les ondes, et moi que sur la terre. Toute relation est impossible entre nous. Un jour, ’Galathée t’attellera à son char, et tu traîneras avec orgueil ce fardeau sacré sur l’humide miroir des mers. *
Arion s’éloigne de ce rivage avec lo même empressement qu’il avait mis à s’embarquer pour la terre étrangère. Déjà il voit briller les tours de Corinthe et traverse la campagne en chantant. Né avec un cœur aimant et un caractère enjoué®, il oublie ce qu’il a perdu, pourvu que son ami et sa lyre lui restent.
Il entre dans le palais de Périandre : « Ami, je viens me reposer sur ton sein des fatigues do ma vie errante. L’art que j’ai reçu d’un diou, des milliers d’hommes en ont joui. Des traîtres, des brigands se sont emparés, il est vrai, des
\ . Je dois descendre, je ne veux pas perdre courage.