‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 159 sur 249 · Toi ici, et moi là · texte numérisé non relu

Toi ici, et moi là

trésors que j’avais légitimement acquis; mais il me reste la conscience de ma gloire. »

Ensuite, il raconte ses merveilleuses aventures que Périandre écoute avec étonnement, « Eh quoi! un pareil brigandage resterait impuni *1 ce serait en vain que je possède le souverain pouvoir! Pour découvrir les coupables, tu te cacheras dans mon palais, et ils s’approcheront sans inquiétude. ï

Et lorsque des matelots arrivent au port, Périandre les mande chez lui : c Avez-vous entendu parler d’Arion? J’attends son retour avec inquiétude*. — Nous l’avons laissé bien portant 3 à Tarente. » Tout-à-coup Arion se présente.

Son beau corps est couvert d’une merveilleuse tunique d’or et de pourpre;, un léger manteau descend en plis ondoyants jusqu’à ses pieds, ses bras sont ornés de bracelets ; sur son cou, son front et ses joues flottent ses cheveux parfumés que ceint une couronne.

Dans sa main gauche repose la lyre ; de la droite, il tient l’archet d’ivoire. Us tombent à ses pieds comme frappés de la foudre : « Nous voulions l’assassiner; il est devenu un dieu. Oh! puisse la terre nous englQutir ! a

Il vit encore, le chantre inspiré 4 ; les dieux veillent sur le poète: « Je n’invoque pas les Furies vengeresses; Arion ne demande pas votre sang. Allez habiter chez les barbares, vils esclaves de l’avarice, et que jamais le beau ne charme votre cœur! »

W. Scblegef.

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