‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 181 sur 249 · LE SOUHAIT · texte numérisé non relu

LE SOUHAIT

Ah ! si je pouvais trouver une issue à cette vallée profonde sur laquelle pèse un froid brouillard, ohl que je serais heureux ! J’aperçois là-bas de belles collines parées d’une verdure et d’une jeunesse éternelles. Hélas I si j’avais des ailes, si je pouvais prendre mon essor, je m’élancerais vers ces collines.

J’entends résonner de douces harmonies, les accents du céleste repos, et les légers zéphyrs m’apportent des parfums balsamiques. Je vois briller ‘ des fruits d’or à travers le sombre feuillage, et les fleurs qui s'épanouissent là ne sont la proie d’aucun hiver.

Oh I qu’il doit être doux de vivre à cet éternel rayon de soleil * ! qu’il doit être rafraîchissant l’air de ces collines 1 Mais les vagues mugissantes d’un torrent furieux me séparent de cette contrée, et ses flots amoncelés remplissent mon âme de terreur.

Je vois une nacelle se balancer sur l’onde ; mais, hélas I il n'y a point de nautonier ! Allons, courage I n’hésitons pas,

Page 1