LA DÉCEPTION
Semblable à la colombe que le faucon a longtemps poursuivie çà et là, mon amour croyait, dans une douce illusion, avoir enfin trouvé son nid dans les rameaux d’un bois sacré.
Pauvre petite colombe! confiance cruellement déçue 1 dure destinée à nulle autre pareille 1 A peine l’asile, objet de ses vœux, s’esl-il montré à ses regards, qu’il devient Ja proie de la foudre.
Et la voilà encore errant de côté et d’autre. La malheureuse plane entre le ciel et la terre sans trouver un lieu pour reposer son aile fatiguée.
Car un cœur qui ait pitié d’elle et où elle puisse se réchauffer comme autrefois, hélas 1 un tel cœur ne bat plus pour elle sur la terre.
Buerger.
l’espérance.
O la plus bienfaisante des fées! divinité au cœur compatissant! loi que le ciel a choisie pour consoler les hommes 1 tu*es belle comme l’aurore au visage de roses, et de t^s lèvres de pourpre découlent des paroles de miel.
Lorsque la félicité de l’innocence disparut avec l’âge d’or, les dieux conservateurs t’envoyèrent aux hommes affligés pour adoucir le malheur, ce géant fils du vice, et ramener les joies qui s’étaient enfuies avec l’innocence.
Maintenant le repos t’accompagne sans cesse. Dans la ré-
voile des passions et la lutte contre le mal, tu soutiens le courage fatigué avant qu’il succombe, et tu donnes au combattant la paix, le soulagement et une vigueur nouvelle et héroïque.
Tu chasses loin du guerrier la crainte du péril, et tu consoles les pauvres laboureurs dans les rudes années de disette. Par le vent, les tièdes ondées, les rayons du soleil, la rosée, tu annonces l’abondance à la plaine couverte de tendres épis.
Tes ailes exhalent un beaume qui guérit les douleurs, et l’air agité par ton vol dilate le cœur oppressé. Effleurée de ton haleine, l’infortune au visage flétri reprend de nouvelles forces; ta douce lumière ranime la sève engourdie et glacée.
C’est toi qui calmes chez le malade les terreurs de la mort et le remplis de la délicieuse pensée de l’avenir; c’est toi qui lui montres le paradis dans ses derniers rêves et qui, sous des arbres verdoyants, lui présentes la coupe de la vie.
C’est toi qui réjouis l’esclave dans son obscur cachot et lui prédis le terme de son injuste châtiment ; c’est toi qui, dans la mer de Toscane, allèges le poids de l’aviron et planes sur les galères comme un souffle printanier.
Souvent, ô déesse ! les accents de ta voix apaisent l’aveugle fureur du désespoir ; ton doux regard détourne le danger qu’il cherche avidement, et renverse le breuvage mortel qui déjà touchait ses lèvres.
Buerger.
l’imagination.
A laquelle des immortelles revient le plus noble prix ? Je ne veux contredire personne ; mais je le donne à cette déesse éternellement mobile, toujours nouvelle, à la Fantaisie \ fille étrange de Jupiter, son enfant de prédilection.
I . Les Allemands ont deux mots pour désigner l'imagination passive
Car il lui a oclroyé tous les caprices qu’il a coutume de réserver pour lui seul, et la folle fait sa joie.
Soit qu’elle aille, couronnée de roses, une branche de lis à la main, fouler les vallées fleuries, commander aux papillons et, de ses lèvres d’abeille, sucer sur les fleurs la rosée, nourriture légère ;
, Soit qu’elle aille, les cheveux épars et le regard sombre, gronder avec les vents autour des rochers, et qu’elle se montreaux mortels, diaprée de mille nuances, comme l’aurore et le crépuscule, toujours changeante comme les rayons delà lune ;
Rendons tous hommage au grand Jupiter, à l’antique père des dieux, qui a bien voulu associer à l’homme mortel une compagne immortelle et parée de tant de charmes !
Car c’est à nous seuls qu’il l’a unie par des liens célestes ; et il lui a ordonné, dans la joie ou la peine, de se conduire en épouse fidèle, et de ne pas nous abandonner.
Toutes les autres pauvres races de la terre vivante et riche d’enfants errent en cherchant leur pâture, et, courbées sous le joug de la nécessité, éprouvent tour à tour les vagues jouissances et les sombres douleurs d’une existence passagère et bornée,
Mais nous, il nous a accordé, ô bonheur 1 1 sa fille la plus accorte, son enfant gâté. Traitez-la gracieusement, comme on traite une amante I laissez-lui dans la maison les prérogatives de la femme !
Prenez garde surtout que la Sagesse, cette vieille marâtre, n’inquiète la douce mignonne.
Cependant je connais sa sœur, plus âgée, plus posée, ma discrète amie. Oh t puisse-t-elle ne me quitter qu’avec la lumière de la vie, cette noble espérance qui encourage et console 1
r . . , Gœlhe.
ou active (5int>ifbung*fraft et iPfymtofu. 11 serait à désirer que cette distinction passât dans notre langue.
t . Réjouissez-vous !