LA TERRE
Terre, ô toi, mère d’innombrables enfants, mère et nourrice, je te salue 1 je te bénis dans ce chant solennel ! O mère 1 regarde, me voilà couché sur ton sein palpitant, doucement caressé par les boucles ondoyantes de ta verte chevelure, doucement rafraîchi par les zéphyrs qui distillent la rosée. Hélas 1 tu remplis à la fois mon cœur de volupté et de mélancolie * ; et de mon âme enivrée, la mélancolie et la volupté s’épanchent en larmes, en actions de grâces et en saints cantiques.
t. Le repos de soie. '
2. La traduction exacte nécessiterait une longue périphrase tu më murmures la volupté par le frémissement de ta chevelure, et tu épanche* en rosée la mélancolie dans mon cœur.
O terre I tu es chérie par le soleil, par les étoiles saintes, par la lune qui parcourt la voûte céleste ! Dès que tu t’éveilles et que les nuages vaporeux répandent sur toi la rosée, le soleil t’envoie la pourpre, l’or et le safran resplendissant, afin que dans ton vêtement du matin tu sois parée comme une jeune épouse. Oh ! comme tu brilles alors sous ton voile rose, couronnée de mille jeunes fleurs, humectée de perles d’argent et entourée de la brillante ceinture de la mer azurée 1