‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 186 sur 249 · LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

LE PRINTEMPS

Sois le bien venu , enfant chéri , orgueil de l’année ! Sois la bien venue, toi qui t’éveilles de nouveau et nous souris, aimable fleur de la vie de cette terre qui déjà marche à grands pas vers la vieillesse 1

Jadis, lorsque le doux génie du premier printemps caressait de son souffle le monde nouveau-né qui se berçait dans les saints rayons de l’âge d’or,

Sans jamais se fatiguer, cette aimable brise printanière effleurait la campagne de son aile, et sans attendre la semence et les soins de l’homme, les champs se paraient des plus beaux fruits.

C’est ainsi qu’à travers les îles des bienheureux, des vents bienfaisants soufflent sans jamais ravager; c’est ainsi que les zéphyrs caressent de leur haleine toujours tiède les saintes régions des immortels;

C’est ainsi qu’un souffle léger, errant dans le bocage silencieux et voilé des ombres muettes , fait entendre son murmure enchanteur autour de la souroe bienfaisante du Léthé , et se joue dans les branches des funèbres cyprès.

Et lorsqu’un jour Dieu puriGera la terre par une sainte flamme et que reviendront brillants de jeunesse les siècles d’or de la paix et de l’innocence ,

Alors, je le pressens, alors ce même génie si doux vien-

D igitîz êd by Guos

dra caresser la terre rajeunie sans lui causer aucun dommage, et le souffle de l’éternel printemps rafraîchira l’enveloppe aérienne de nos âmes.

Oui, je te salue, premier jour du beau mois de mai, jour de sublime pressentiment! Je te salue, image de la jeunesse de notre terre et du saint avenir qui la rajeunira !

Heidenreich. ‘

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